Réaction de Francois Chérèque secrétaire général de la SFDT © TF1-LCIPour Olivier Besancenot, l'annonce de François Fillon sur la réforme des régimes spéciaux de retraites dimanche soir n'a qu'une signification : "On cherche à niveler les régimes spéciaux par le bas". Aujourd'hui, estime le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire invité lundi matin de LCI, en matière de retraites, "l'égalité est un choix de société", et l'allongement de la durée de cotisation, "une évolution voulue par la mondialisation capitaliste". Une évolution qu'il refuse : "Qui peut croire aujourd'hui qu'on est rentable à 65 ou 67 ans ? (...) Ma génération aura peut-être le droit de partir à la retraite à 60 ans, mais avec des retraites de misère". Sur la même ligne, le PCF assure déjà qu'il "mettra tout en oeuvre pour combattre la logique de destruction du gouvernement".
Cet appel à la mobilisation, c'est aussi la teneur implicite de la réaction, lundi matin, du secrétaire général de la CFDT, François Chérèque : il a prévenu sur France Inter le gouvernement qu'il y aurait "un conflit majeur, y compris avec la CFDT", si le gouvernement décidait de "passer en force". Quant à la CFDT-RATP, elle a estimé que pointer du doigt les régimes spéciaux pour combler le "déficit du régime général" est "un leurre" et que ceux-ci sont "l'héritage de la reconnaissance de la pénibilité des métiers". Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a lui prévenu lundi qu'il y aurait "du sport" si le gouvernement procédait "par le fait accompli". Pour l'Unsa (syndicats autonomes), François Fillon joue "les pyromanes" et "doit négocier", tandis que selon la CFTC, "puisque le gouvernement veut avancer tout seul sur ce dossier, il lui appartiendra d'en assumer seul les conséquences". Sud Rail, deuxième syndicat de la SNCF, appellera à "la grève" si Nicolas Sarkozy "confirme ses intentions".
Un soutien de Valls
"Si le gouvernement veut passer en force, il faut s'attendre à des réactions, c'est évident" avait déjà averti dès dimanche soir sur France 2, le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly. Lundi sur BFM, il a également estimé que François Fillon avait "donné l'impression d'avoir chargé les missiles et d'attendre que le président de la République appuie sur le bouton". De son côté, le numéro un du PS, François Hollande, a également réagi dimanche au Forum Radio J, en soulignant que "toute précipitation serait contraire à l'idée même de la réforme". "Il faut absolument que la négociation soit la règle", avait-il dit, relevant que "après on verra le texte juridique", loi ou décret, selon que les partenaires sociaux réussissent à se mettre d'accord ou non.
Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP, est pourtant plutôt confiant sur l'issue de la réforme des régimes spéciaux de retraite, car "les esprits ont mûri". Une analyse qui a le soutien inattendu du député socialiste Manuel Valls : dans un entretien publié lundi dans Les Echos, il souhaite de profonds changements dans la position du Parti socialiste sur les retraites. Le député-maire d'Evry estime que le PS "doit se battre avec les partenaires sociaux pour préserver le système de retraites par répartition". Mais pour cela il faut "dire la vérité aux français : l'allongement de la durée de vie rend inéluctable la hausse du nombre d'années de cotisations et les régimes spéciaux doivent être alignés sur le régime général".
Les régimes d'entreprises publiques (SNCF, RATP, EDF, GDF...) et de professions particulières (marins, clercs de notaire, ou parlementaires...) permettent généralement à leurs affiliés (500.000 actifs et 1,1 million de retraités) de partir à la retraite plus tôt que les autres salariés. Durant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s'était engagé à réformer ces régimes spéciaux au nom de "l'équité" et a réaffirmé jeudi à Colmar sa détermination à honorer sa promesse. Lundi, au cours d'une conférence de presse en Allemagne, le chef de l'Etat a même annoncé qu'il ferait part de sa décision "le 18 septembre", date à laquelle il doit prononcer un discours devant les journalistes spécialisés.
D'après agence
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