Laurence Parisot et François Chérèque lors de l'ouverture de l'université d'été du Medef © DRLes syndicats participant à la négociation sur la modernisation du marché du travail ont appelé vendredi matin le Medef à "bouger", alors que le patronat met d'emblée sur la table un projet d'assouplissement des règles des contrats de travail. "Le texte du Medef démontre l'acharnement patronal à obtenir une nouvelle forme de contrat de travail, copié sur le CNE, dont tous les syndicats demandent l'abrogation", a déploré Maryse Dumas (CGT), à son arrivée au Medef, au moment où les partenaires sociaux vont entrer dans le vif du sujet. Le Medef veut "une période d'essai plus longue, la création d'un contrat de 'mission' et la modification des règles de rupture des contrats de travail, mais rien ne prouve que cela résoudra les problèmes de l'emploi et de la précarité", a-t-elle expliqué, appelant le patronat à "bouger".
De son côté, Alain Lecanu (CFE-CGC) a jugé le texte du Medef "scandaleux sur la forme et sur le fond". "On va commencer par le seul point qui les intéresse, le contrat de travail, ce qui va accroître l'insécurité des salariés. Il faudrait plutôt commencer par l'insertion des jeunes dans l'emploi, alors que les employeurs se plaignent que les jeunes ne sont pas formés à l'entreprise", a-t-il ajouté. La séance de négociation pourrait être "un peu chaude". Dans une "note de problématique" transmise jeudi aux syndicats, le patronat (Medef, CGPME, UPA) propose de créer "une période d'essai cohérente" et "suffisamment longue" pour "réduire le recours au CDD à l'embauche". Il suggère aussi d'instaurer "un CDI conclu pour la réalisation d'un objet précis", avec une clause prévoyant la fin automatique du contrat une fois achevée la mission du salarié, ainsi qu'"un aménagement du CDI", qui pourrait comporter "une étape de validation économique répondant à l'incertitude des entreprises".
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