La réforme au pas de charge

le 19 septembre 2007 à 08h05 , mis à jour le 19 septembre 2007 à 11h28

Xavier Bertrand commence ce mercredi les discussions réclamées par Nicolas Sarkozy en vue d'une réforme des régimes spéciaux de retraites.

TF1/LCI Xavier BertrandXavier Bertrand © TF1/LCI

Les éditorialistes de la presse nationale et régionale sont unanimes : "accélération", "vitesse", "rapidité", définissent la "stratégie" sociale dévoilée mardi par Nicolas Sarkozy, sur les réformes promises durant la campagne... et notamment celle des régimes spéciaux de retraites. Dans Libération, Didier Pourquery en convient : "notre président, homme pressé s'il en est, est aussi un homme de dialogue à condition que ce dialogue soit "rapide", c'est lui qui l'a souligné hier". "Et maintenant on fonce, tel est son leitmotiv", confirme Gérard Noël dans La Liberté de l'Est.

Nicolas Sarkozy a fixé le calendrier : les rencontres "ne devront pas excéder deux semaines". La réforme des régimes spéciaux sera ensuite négociée "entreprise par entreprise". Aussi, dès ce mercredi, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, commence les discussions sur le dossier des retraites. Il reçoit dans l'après-midi la CFTC, puis la direction de la SNCF. Premier rendez-vous à 15 heures, second rendez-vous à 17h30... les autres restent apparemment à fixer et leur calendrier sera annoncé "ultérieurement", s'est contenté d'indiquer le ministère.

"Ce n'est pas en quinze jours que le dossier va être ficelé"

Le délai sera-t-il tenu, ou le tempo serait-il trop rapide ? Sur cette question du rythme des réformes, et face aux objections de la plupart des dirigeants syndicaux, le ministre du Travail s'est voulu rassurant : "Ce n'est pas en quinze jours que le dossier va être définitivement ficelé, là n'est pas l'enjeu. Pour moi, réformer, c'est forcément engager une concertation". Il a précisé qu'il y aurait une nouvelle concertation lorsqu'il s'agira de présenter un projet de texte, parallèlement à des discussions dans les entreprises concernées par les régimes spéciaux de retraite.

Erigée par Nicolas Sarkozy au rang de "priorité" au nom de "l'équité", la réforme des régimes spéciaux, sur laquelle Alain Juppé s'était cassé les dents en 1995 mais qui semble soutenue par une majorité de Français, "doit consister, à tout le moins, à harmoniser les régimes spéciaux avec celui de la fonction publique", soit 40 annuités. La réforme se fera "entreprise par entreprise", mais sans "stigmatiser" les 1,6 million de bénéficiaires, a promis le chef de l'Etat. Et malgré le calendrier serré, jugé "intenable" par certains syndicats, aucune date-butoir n'a été fixée par le chef de l'Etat lui-même. La version transmise à la presse du discours présidentiel de mardi indiquait que la "réforme (devait) être prête avant la fin de l'année". Nicolas Sarkozy n'a finalement pas prononcé cette phrase. Mais la formule a été reprise mardi matin sur I-télé par Xavier Bertrand... Qui a précisé, toujours rassurant : "Ce qui laisse donc trois mois et demi, ça laisse du temps pour le dialogue".

Le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Didier Le Reste, n'en a pas moins répliqué sur la même chaîne en évoquant les "propositions de mobilisation nationale unitaire (...) et notamment un mouvement national de grève" qu'il compte faire dès mercredi soir aux autres fédérations de cheminots. Une mobilisation qui aura lieu "dès le mois d'octobre".

D'après agence

le 19 septembre 2007 à 08:05
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