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| François Fillon : "Il n'y a pas de plan de rigueur" |
En politique plus que dans d'autres domaines, la sémantique et le vocabulaire acquièrent une sensibilité extrême et peuvent se charger, positivement ou négativement, de connotations très lourdes. Christine Lagarde semble l'avoir appris à ses dépens, après avoir prononcé dimanche soir le terme malheureux de "plan de rigueur" à propos des fonctionnaires. Mise au point ce lundi de François Fillon sur France Inter : il n'y a PAS de plan de rigueur. "On prend toutes les politiques publique et on les évalue une par une", a expliqué le Premier ministre. Et de prendre aussitôt l'exemple de l'Education nationale : "Il y a 900.000 enseignants, pour 12 millions d'élèves qui vont faire leur rentrée. Personne ne peut sérieusement prétendre qu'il n'y a pas des améliorations à apporter au fonctionnement de l'école !"
Quel que soit le terme utilisé, il est vrai que le gouvernement prépare un plan d'économies qui vise le nombre de fonctionnaires en France. Christine Lagarde avait évoqué dimanche soir "près de 23.000 fonctionnaires qui ne seront pas remplacés" en 2008. Invitée de l'émission Le Grand Rendez-Vous d'Europe 1, TV5 Monde et Le Parisien, la ministre avait expliqué que ce plan, prévoyant le non-remplacement d'un départ à la retraite sur trois en 2008 et d'un départ sur deux en 2009, répondait directement aux engagements pris par Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle.
Hollande dénonce les "cadeaux aux plus favorisés"
Mais au terme de "plan de rigueur" qu'elle avait alors employé, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, invité un peu plus tard dans la même soirée du grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, avait déjà préféré celui de "plan de revalorisation". "Depuis des années, on ne répond aux problèmes de la fonction publique que par des satisfactions données aux revendication sur les effectifs, or il y a bien d'autres choses à faire", avait-il souligné, ajoutant que le président Nicolas Sarkozy "s'exprimera sur la fonction publique devant les élèves d'un institut régional d'administration, le 12 septembre".
Alors, "plan de rigueur" ou "revalorisation" ? "Je crois qu'il y a eu un aveu de franchise qui, je dois le reconnaître, est honnête de la part d'un ministre, et puis beaucoup de langue de bois de la part de M. Guéant", a réagi lundi François Chérèque. Le Premier secrétaire du PS François Hollande avait fait quant à lui son diagnostic dès dimanche soir au 20 heures de TF1 : "Je considère qu'il y a eu une grave erreur durant cet été, c'est le vote de ce que l'on a appelé le paquet fiscal, des cadeaux qui ont été faits aux plus favorisés", avait-il expliqué. "Et maintenant, comme il y a une grave situation d'endettement public, des déficits importants, (...) c'est un plan de rigueur qui est annoncé, plan de rigueur pour la fonction publique, franchises médicales annoncées par Nicolas Sarkozy, la TVA qui va augmenter. Une facture va être présentée dans peu de semaines devant les Français. C'est à ce moment-là qu'ils jugeront".
(D'après agence)
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