Divers médicaments © Médiathèque de la Commission européenneLe projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), présenté ce lundi, a pour objectif affiché de limiter le déficit du régime général. Cette année, il devait être de 8 milliards. Il approchera les 12 milliards. En 2008, le gouvernement espère 8,9 milliards d'euros. Mais il faudrait pour cela que la croissance soit de 2,25% et que la masse salariale augmente de 4,8%. Un sacré pari...
Les 70 articles du PLFSS prévoient 3 milliards d'euros d'économies et 2 milliards de recettes nouvelles. Pour la branche maladie, le gouvernement souhaite contenir le déficit à 4,4 milliards d'euros. A 5,1 milliards, pour la branche vieillesse. Cela passe par de nouvelles franchises pour les malades, qui paient déjà directement ou indirectement 24% des dépenses.
Peut-être 100 euros à charge
Chaque patient déboursera donc 50 centimes par boîte de médicaments et la même somme pour les actes paramédicaux, comme les séances de kiné. Le transport en ambulance, lui, coûtera 2 euros. Certains assurés, comme les femmes enceintes, les bénéficiaires de la CMU et les enfants de moins de 16 ans échapperont à la ponction. Le plafond maximal annuel pris en charge par le patient ne devrait pas excéder 50 euros. La franchise d'1 euro par consultation reste de mise, plafonnée également à 50 euros par an.
D'autres recettes sont envisagées, comme l'application d'une cotisation sociale aux stock-options ou la taxation des produits de grignotage (les barres chocolatées). Leur application pourrait néanmoins être reportée. L'Etat a également la ferme intention de réguler l'offre de soins. En clair, l'assurance-maladie et les syndicats vont devoir trouver un moyen de limiter, s'il le faut, l'installation de médecins dans certaines zones et de favoriser leur activité dans d'autres.
Départs volontaires ou d'office taxés
Par ailleurs, le PLFSS concrétisera les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy la semaine dernière en matière de retraites. Il s'agit, en synthèse de décourager les départs avant 65 ans. Ainsi, les mises en retraites d'office avant 65 ans feront-elles l'objet d'une taxe de 25% dès l'an prochain puis de 50% en 2009. Les préretraites d'entreprises seront taxées deux fois plus, le taux passant de 24,15% à 50%. Les nouveaux préretraités devront acquitter une CSG à 7,5% aussi élevée que les salariés.
Pour la branche famille, qui se porte mieux, le gouvernement assure qu'il va se livrer à une lutte acharnée contre la fraude. En contrepartie, il devrait consentir un effort de 50 euros pour rendre la garde des enfants chez l'assistante maternelle aussi peu chère qu'à la crèche. Il entend aussi moduler l'allocation de rentrée scolaire en fonction du cursus.
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