François Chérèque se lâche sur Gautier-Sauvagnac

le 21 octobre 2007 à 14h10 , mis à jour le 21 octobre 2007 à 15h40

Le secrétaire général de la CFDT dénonce dans Le Parisien les pratiques du patronat de la métallurgie et l'opacité des comptes de l'UIMM.

TF1/LCI : François Chérèque interviewé dans Le Parisien (21 octobre 2007)François Chérèque interviewé dans Le Parisien (21 octobre 2007) © DR

"Ce qui me révolte, c'est la ligne de défense de Denis Gautier-Sauvagnac. Il est pris la main dans le sac et aussitôt il braque les soupçons sur les syndicats". François Chérèque ne mâche pas ses mots : dans son entretien au Parisien, le secrétaire général de la CFDT attaque frontalement le président de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie, visé par une enquête préliminaire du parquet de Paris sur des retraits de fonds suspects. Des retraits dont le montant total atteint 5,6 millions d'euros en liquide, puisés dans les caisses de l'UIMM, selon la cellule anti-blanchiment du ministère de l'Economie. Mais les soupçons de détournement portent sur des sommes bien supérieures que celles sur lesquelles enquête le parquet de Paris, puisque divers journaux ont évoqué jusqu'à 20 millions d'euros.

L'affaire a contraint Denis Gautier-Sauvagnac à quitter sa fonction de chef de file de la délégation patronale participant à la négociation sur la représentativité syndicale et patronale. Mais il reste toujours à la tête de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie, l'une des composantes les plus puissantes du Medef. Et François Chérèque l'accuse aujourd'hui à mots à peine couverts : "Depuis des années, affirme notamment le secrétaire général de la CFDT, l'UIMM a réussi à faire passer des amendements à l'Assemblée nationale ou au Sénat. Comment font-ils pour trouver des députés qui les soutiennent, et des majorités parlementaires, y compris contre l'avis du gouvernement ?".

"Syndicats jaunes", comptes opaques...

"Une partie du patronat de la métallurgie finançait des syndicats jaunes, notamment dans l'automobile", affirme encore le leader syndical, citant la Confédération des syndicats libres (CSL) et la Confédération française du travail (CFT). Pour François Chérèque, il s'agissait de "syndicats de nervis, fascisants (qui) avaient pour objectif de casser physiquement les salariés qui voulaient monter des sections syndicales, en particulier CFDT. Ces syndicats ont disparu. Et depuis, les relations sociales se sont normalisées", ajoute-t-il.  

Le leader syndical trace un parallèle entre le financement de sa formation... et celui de l'UIMM - transparence contre opacité : selon lui, les ressources de la CFDT "sont constituées à 73% par des ressources internes, dont 46% proviennent des cotisations, 27% des ventes de livres, de publications mais aussi de produits financiers. Le reste ce sont des subventions publiques et des fonds liés à notre gestion des organismes paritaires", dit-il. "A l'inverse des pratiques de l'UIMM qui détruit ses comptes tous les ans, nous gardons trace de tous nos financements depuis la création de la CFDT (...) Et nous les rendons publics depuis 2000", ajoute François Chérèque qui s'étonne que "pas un grand patron de la métallurgie ne demande publiquement de comptes sur les pratiques financières de l'UIMM". Selon lui, "ce silence résonne comme une complicité". 

Il faudra "certainement" une loi, selon Xavier Bertrand

Le ministre du travail Xavier Bertrand a estimé dimanche qu'il faudra "certainement" une loi pour fixer de nouvelles règles en matière de démocratie sociale, de financement des organisations syndicales et patronales et de représentativité. Sur ce dossier, "je veux qu'on aboutisse, pas en 2009, ni en 2010", mais "en 2008 forcément", a-t-il dit sur Canal+. "Est-ce que l'Etat doit aussi assurer le financement des syndicats, est-ce que ce sont les entreprises qui doivent financer, est-ce que c'est une répartition entre les deux, quelle est la part des cotisations, il faut tout mettre sur la table" a-t-il dit.

D'après agence

le 21 octobre 2007 à 14:10
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

12 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Preselle, le 21/10/2007 à 17h22

    François Chérèque ment lorsqu'il dit que les comptes de la CFDT sont disponibles et transparents. En effet il parle des comptes de la CFDT au niveau de la confédération mais il oublie de préciser que tout est caché et opaque au niveau des fédérations adhérentes de la CFDT et c'est bien là le problême. Les syndicats français se sont comportés comme de vulgaires racketteurs à l'encontre des entreprises et c'est cette vérité-là qui est en train de sortir...

  • Thomas, le 21/10/2007 à 17h16

    Pour répondre à Alain, malheuresement je crois qu'en france jamais tu ne verras de reel rupture. C'est comme ca, tu peux rien faire dans ce pays. Y a que des magouilles et fumisteries autour de moi, ca m'fait bien rire ces syndicats...au point ou on en ait, ca me ferai même pleurer tellement c'est n'imp

  • PATRICK, le 21/10/2007 à 17h11

    Mr chéreque,n'oubliez pas votre signature dans le protocole des reformes des retraites (loi fillon)et vos syndiqués qui vous ont balancé leurs cartes à la figure!!!!!

  • Walibiss, le 21/10/2007 à 17h11

    En tout cas la position de chérèque et ses arguments me semble plu plausible que celle de sauvagnac qui cherche sans doute à ouvrir le parapluie.

  • Alain, le 21/10/2007 à 15h50

    Il est vrai qu'il ne faut manquer de culot pour "balancer" l'idée que les syndicats seraient les premiers bénéficiaires des retraits pour 5.6 millions?... en espèces, donc si je comprends bien seuls les représentants des salariés ont été bénéficiaires de ce fric et ceci pour "fluidifier" les relations entre le patronat et les syndicats. Bon elle viens quand la rupture... la vraie!

  • Dani, le 21/10/2007 à 15h16

    Pourquoi se défendre avant même d'être attaqué?. Il faut que toute la lumière soit faite sur l'attribution de ces sommes : savoir qui a touché et combien. Il faut impérativement une enquête fiancière et judiciaire pour y voir plus clair .

  • Jim, le 21/10/2007 à 15h07

    Je pense que les leaders syndicaux devraient se taire, car d'ici quelques semaines, on va apprendre à qui était destiné cet argent. Et on risque d'en entendre de belles.

  • Claude, le 21/10/2007 à 14h59

    Syndicats jaunes ! le sien c'est qu'elle couleur ? que l'on puisse rire aussi

  • Nadiou, le 21/10/2007 à 14h54

    Arrêtons de prendre les français pour des imbéciles Monsieur Chérèque, nous savons que quelques patrons sont de véritables voyous mais les syndicats ne sont pas non plus des enfants de coeur.Vous ne ferez croire à personne que Monsieur Blondel et son chauffeur étaient payés par les cotisations etc.. il n'y a plus d'adhérents pour payer la bonne marche des Syndicats. Posez-vous la question de savoir pourquoi les salariés ne vous écoutent plus. Il faut assumer ses erreurs vous n'êtes pas plus crédibles que les autres.

  • Jean, le 21/10/2007 à 14h48

    A mon avis, Monsieur CHEREQUE devrait faire montre d'un peu de retenue car cette affaire risque fort de lui revenir en boomerang dans la figure. Je ne crois malheureusement plus aux oies blanches du syndicalisme.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience