L'ancien patron de l'UIMM Denis Gautier-Sauvagnac a toujours refusé de révéler les bénéficiaires de la "caisse noire" de l'organisation © LCILe président de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) Denis Gautier-Sauvagnac, soupçonné dans des retraits suspects sur les comptes de son organisation, ne négociera plus avec les syndicats sur le marché du travail. La nouvelle a été annoncée lundi par le Medef, qui a précisé que Gautier-Sauvagnac "a proposé de se mettre en retrait" durant "la réunion du conseil exécutif du Medef". L'enquête dont il fait l'objet porte sur un montant estimé à 17 millions d'euros ; elle vise notamment à déterminer si cet argent a eu une destination illégale, relevant d'un abus de confiance, c'est-à-dire d'un détournement de fonds, ce que Denis Gautier-Sauvagnac nie.
Sa décision a été accueillie prudemment par quatre syndicats, qui ont insisté sur la nécessité de réformer le financement et la représentativité des partenaires sociaux. "Il faut (...) obliger les organisations syndicales comme patronales à publier des comptes transparents" et "ouvrir comme convenu une négociation sur la représentativité", a estimé Marcel Grignard (CFDT). Pour la CGT, Maryse Dumas a rappelé la proposition de son syndicat "d'engager rapidement des négociations sur l'évolution des règles de représentativité et de validation des accords", soulignant que le remplacement du principal négociateur patronal de la négociation sur la modernisation du marché du travail ne changeait "rien à cette exigence" de réforme.
Réformer pour éviter les procès d'intention
De son côté, Gabrielle Simon (CFTC) a jugé nécessaire "une réforme du mode de financement des organisations syndicales pour qu'il n'y ait plus de procès d'intention à leur encontre", demandant que "justice soit faite". Enfin, Bernard Van Craeynest (CFE-CGC) a salué "une décision empreinte de sagesse" au vu de l'évolution du dossier qui privait Denis Gautier-Sauvagnac de "la sérénité nécessaire pour conduire sa délégation" dans la négociation.
La présidente du Medef, Laurence Parisot, "désignera dans les tout prochains jours, parmi l'équipe actuelle de négociateurs, le prochain chef de file", selon le Medef. Gautier-Sauvagnac, responsable de premier plan de l'organisation patronale, continue toutefois "de présider la commission Relations du travail et politiques de l'emploi" et de participer aux travaux de son Conseil exécutif.
D'après agence
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