Site de Goodyear-Dunlop d'Amiens © TF1/LCILes salariés du site Goodyear-Dunlop d'Amiens ont voté largement, et se sont prononcés sans ambigüité : une nette majorité d'entre eux ont rejeté le projet de réorganisation du travail et d'investissement de la direction lors du référendum de ce week-end. La consulation, organisée sur deux jours, s'est déroulée sans incident contrairement au premier scrutin. Prévu à la mi-septembre, il avait dû être annulé en raison de l'opposition de la CGT notamment, qui avait bloqué les deux sites dès le premier jour prévu pour le vote, empêchant ainsi les 2700 salariés de se rendre aux urnes.
Sur l'ensemble des deux sites touchés par le projet, 64% du personnel a répondu non à la question : "Etes-vous pour ou contre le projet qui a été présenté lors des réunions d'information du 9 et 12 septembre ?". Le non est encore plus massif chez les salariés "postés" (78% chez Dunlop et 74% chez Goodyear), qui étaient concernés par cette réorganisation du travail.
"Ces menaces n'ont pas marché"
Le projet proposait le passage au 4x8, un système de rotation de quatre équipes, contre cinq actuellement, qui tourneraient sur huit jours. L'instauration des 4x8 ferait passer les équipes du week-end aux 35 heures au lieu de 28 et entraînerait la suppression de 450 emplois sur trois ans, sans licenciement. Selon la direction, le plan, qui prévoit également un investissement de 52 millions d'euros afin de moderniser l'outil de production, "est la seule solution pour rester compétitif".
Mais ce n'est pas l'avis des syndicats, qui pointent le manque de contreparties pour les salariés et les faiblesse des investissements : 52 millions sur deux sites et sur quatre ans, soit en réalité 6,5 millions par an et par site... Au final, aucun triomphalisme chez les représentants des salariés, qui appellent à reprendre les discussions. "Ces résultats montrent un rejet net du système des 4x8 mais pas de l'ensemble du projet" a jugé Claude Dimoff, secrétaire CGT qui avait appelé, tout comme le syndicat Sud, à un rejet massif.
Les dirigeants, pour leur part, n'ont pas encore réagi officiellement à l'annonce des résultats. Le PDG de Goodyear-Dunlop France, Olivier Rousseau avait réitéré son appel au "oui" juste avant le scrutin prévenant qu'une victoire du non entraînerait des licenciements et pourrait aboutir à la fermeture des deux sites. "Ces menaces n'ont pas marché et j'espère que la direction va se rendre compte que l'on veut travailler. On peut négocier un nouveau projet sans les 4x8", a affirmé Claude Dimoff.
D'après agence
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