Xavier Bertrand reçoit les syndicats sur les régimes spéciaux de retraite © TF1/LCI![]() |
Les 500.000 salariés des régimes spéciaux de retraite passeront progressivement d'ici 2012 à 40 ans de cotisations pour bénéficier d'une retraite à taux plein, contre 37 ans et demi actuellement, selon un document gouvernemental remis mercredi, par Xavier Bertrand, aux partenaires sociaux. Cette disposition constitue pour le gouvernement un "principe non négociable", a précisé un secrétaire national de la CFDT, Jean-Louis Malys, à l'issue d'un entretien avec le ministre du Travail, qui reçoit durant toute la journée les syndicats et directions d'entreprises concernées (EDF, GDF, SNCF, RATP...).
Les autres principes "non négociables" sont l'introduction d'une décote (diminution plus que proportionnelle du montant de la retraite en cas de départ avant 65 ans avec un nombre d'annuités insuffisant) et d'une surcote (augmentation de la pension lorsque le salarié disposant du nombre d'annuités repousse le moment de son départ en retraite) et l'indexation des pensions sur les prix et non plus les salaires.
La pension sera calculée à partir des six derniers mois de traitement et il n'y aura plus d'âge obligatoire de départ à la retraite. Xavier Bertrand a annoncé à la délégation de la CFDT qu'il y aurait "plusieurs décrets" sur la réforme de régimes spéciaux de retraites, "certains simples et d'autres qui passeront par le Conseil d'Etat".
"Des espaces de négociation"
Parmi les principes négociables dans les entreprises figurent, selon le document transmis à la presse, "la prise en compte de la spécificité des métiers, l'emploi des seniors, les compléments de retraite pour les salariés, la durée minimale de service pour bénéficier du régime spécial" ainsi que "la prise en compte des situations familiales et du handicap". M. Malys, secrétaire national de la CFDT, a jugé qu'il y avait "des espaces de négociation", tout en déplorant que "le calendrier soit un peu figé" sur le passage à 40 annuités de cotisation. "Il n'y a pas de date butoir fixée dans les entreprises, mais le ministre nous a rappelé que le chef de l'Etat souhaitait que la réforme aboutisse d'ici la fin de l'année", a-t-il ajouté.
Concernant la journée de grève du 18 octobre, à laquelle participent les syndicats CFDT de la SNCF et de la RATP, M. Malys a indiqué qu' "on n'oppose pas la négociation à l'action". "On disait depuis longtemps à la CFDT que les régimes spéciaux devaient bouger (...) mais il faut que ça se fasse avec des contreparties pour les agents" des entreprises concernées, a-t-il conclu.
| 18 octobre: une grève "pas justifiée" pour 53% de Français |
Ces annonces arrivent neuf jours avant la grève annoncée à la SNCF et à la RATP, contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. Cette grève est jugée "pas justifiée" par 53% des Français. 43% la jugent "justifiée", et 4% sont sans opinion, selon un sondage BVA pour BFM, Les Echos et Phone House paru mercredi. La proportion de personnes jugeant le mouvement justifié (43%) est inférieure à celle relevée lors des manifestations de cheminots du 8 novembre 2006 (51%), celles contre le CPE du 4 avril 2006 (62%) et les manifestations interprofessionnelles pour l'emploi et le pouvoir d'achat du 4 octobre 2005 (72%), relève l'institut BVA. Sondage réalisé par téléphone les 5 et 6 octobre auprès d'un échantillon de 1.002 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus (méthode des quotas). |
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