Un jour de grève dans le métro parisien © archives TF1Il est temps de se parler. François Fillon a appelé jeudi au lancement des négociations dans les entreprises concernées par les régimes spéciaux de retraite pour mettre fin à la grève. "Chacun a fait un pas l'un vers l'autre et donc maintenant, il faut que la négociation commence", a souligné le Premier ministre lors de la séance des questions d'actualité au Sénat. "Cette grève doit s'arrêter", a-t-il dit. "J'appelle à la responsabilité, j'appelle à l'arrêt de la grève et j'appelle au début des négociations dans les entreprises".
Car, continuer à se parler et faire des petits pas de part et d'autre ne suffit pas à remettre les trains en marche. Et quand bien même, les "têtes" des organisations syndicales appellent à la suspension de la grève, comme la CFDT mercredi soir, ou sont en train d'y réfléchir, comme à la CGT (les cheminots se retrouvent cet après-midi pour "examiner la situation"), les assemblées générales de jeudi reconduisent le mouvement. C'est le cas à la RATP et dans un certaines nombres de régions pour la SNCF, Nantes, Caen, Le Mans, Marseille, Bordeaux et Paris Nord.
Reconduction donc, malgré, un nombre moins important de grévistes. A la SNCF, ils sont 42,5% selon la direction, (46% selon la CGT) quand ils étaient 61,5% hier à la même heure. A la RATP, le taux de participation était de 27,2% jeudi à 12h, contre 44% mercredi, et 58% le 18 octobre. C'est encore chez EDF et GDF que la différence est la plus forte : moins de 4% contre plus de 35% hier.
Maintenir la pression
La lettre du ministre du Travail Xavier Bertrand, envoyée mercredi soir aux syndicats, "a été analysée par les AG, qui ont conclu que les cheminots ne peuvent s'en contenter", selon FO, pour qui "il faut maintenir la pression" jusqu'à l'ouverture de négociations. Dans sa missive, M. Bertrand accorde "un mois" aux syndicats pour trouver avec les entreprises une issue, et accepte la participation de représentants de l'Etat aux négociations, comme l'avait réclamée la CGT. Toutefois, Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots, estime que les agents ont "besoin de précisions de la part du gouvernement, notamment sur le contenu, car la lettre du ministre (Xavier) Bertrand était imprécise sur ce sujet, notamment sur le calendrier".
Un écart entre la base et les directions syndicales qui risque de laisser perplexes les usagers à qui les avancées dans les négociations avaient redonné l'espoir d'un retour à la normale rapide. Même si la CGT, et d'autres syndicats, appelaient clairement à rompre la grève et à s'asseoir à la table des négociations, "il est peu probable d'imaginer que de nouvelles AG soient organisées avant demain matin", a estimé Eric Nobet de la CGT-RATP.
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