© AFP - JEAN PIERRE MULLER |
| Les explications du secrétaire général de CFDT-cheminot |
La CFDT cheminots, 4e syndicat de la SNCF, "suspend son mouvement" de grève contre la éforme des régimes spéciaux, a annoncé vendredi le syndicat, précisant qu'il "exige en contrepartie du gouvernement le lancement immédiat de négociations". Selon une résolution votée à l'unanimité par les membres du syndicat et lue devant les journalistes par son secrétaire général, Arnaud Morvan, la CFDT-cheminots "propose que les assemblées générales représentatives se prononcent pour la suspension du mouvement ". Le texte précise qu'un nouveau préavis de grève va toutefois être déposé pour le 20 décembre, un "préavis conservatoire sera confirmé ou non suivant l'analyse qui sera faite du résultat global du contenu des négociations tripartites", entre l'Etat, les syndicats et les directions d'entreprise.
Mercredi déjà, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, avait déclaré avoir les éléments pour "suspendre la grève à la SNCF", après avoir reçu une "lettre de méthode" du ministre du Travail Xavier Bertrand sur les négociations de la réforme des régimes spéciaux. Xavier Bertrand a indiqué vendredi que les négociations tripartites seraient ouvertes "immédiatement" dès que les syndicats appelleraient à la reprise du travail. Mais pour la CFDT RATP, "négociations et grèves sont conciliables". "Demander de 'déposer les armes' avant d'entamer les discussions ne rassure ni ceux qui refusent la négociation, ni ceux qui y sont favorables", indique le syndicat dans un communiqué. Mais pour Nicolas Sarkozy, le gouvernement ne doit pas lâcher. Au cours d'une rencontre à l'Elysée avec les dirigeants de la SNCF, de la RATP, d'EDF et GDF, le chef de l'Etat a demandé au ministre du Travail Xavier Bertrand de "poursuivre ses efforts" afin de permettre la reprise du travail à la SNCF et à la RATP "dans le respect du principe d'harmonisation" de la réforme des régimes spéciaux de retraite.
La galère se poursuit
La galère risque en tout cas de se poursuivre ce week-end, voire même lundi (voir les prévisions de trafic). Selon la CGT-RATP, les assemblées générales ont décidé vendredi la reconduction de la grève entamée mercredi contre la réforme des régimes spéciaux jusqu'à samedi, et même souvent jusqu'à lundi. "33 assemblées générales ont eu lieu pour les personnels des métros et RER : toutes ont reconduit à une très forte majorité, dont 40% pour le week-end entier", a déclaré Eric Nabet, secrétaire général du syndicat CGT métro RER. Même chose à la SNCF, où les cheminots de Bretagne, du Centre et du Mans notamment, ont reconduit vendredi pour au moins 24 heures la grève.
Pourtant, dans les rangs des grévistes, la mobilisation décroît. A la SNCF, la baisse est moins spectaculaire qu'entre mercredi et jeudi (-20%), mais elle est tout de même significative de l'effritement du mouvement. 32% des cheminots étaient en grève vendredi à la mi-journée, contre 42% à la même heure jeudi et 62% mercredi. A la RATP, le taux de participation à la grève s'établissait vendredi à 23,3%, contre 27,2% jeudi, selon la direction de l'entreprise, et même 44% mercredi, annonce la direction.
Au delà des transports, les mouvements de grève sur la réforme des régimes spéciaux touchent aussi la branche électrique et gazière : son premier syndicat, la CGT, a refusé de participer à une réunion de négociation sur les salaires et les retraites, sans la présence d'un représentant de l'Etat. Gaz de France se dit pourtant prêt à mettre en place un système de retraite complémentaire pour ses salariés et à concéder des hausses de salaires pour compenser l'allongement de la durée de cotisation des agents.
D'après agence
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