Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, mardi 13 novembre au ministère du travail © LCILes autres syndicats n'avaient pas l'air au courant. Au mieux, ils l'ont appris en interne, d'autres par une dépêche AFP. Une délégation de la CGT, conduite par son secrétaire général Bernard Thibault, est reçue en ce moment par le ministre du Travail Xavier Bertrand à quelques heures du début de la grève à la SNCF contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. Le ministre a également annoncé lors des questions à l'Assemblée cet après-midi qu'il recevrait l'Unsa à 19h45 et la CFTC mercredi.
La CGT a déclaré qu'elle réclamerait de nouveau lors de cet entretien, qu'elle a sollicité, une négociation tripartite entre le gouvernement, les syndicats et les directions des entreprises concernées par la réforme (SNCF, RATP, EDF, GDF...), cette négociation "ne pouvant être laissée au niveau des entreprises", a indiqué le leader cégétiste.
L'Unsa n'aura pas la même exigence car elle n'est pas opposée aux négociations par entreprise : "à quelques heures d'un conflit auquel nous avons été les derniers à nous rallier, il est important pour nous de montrer que le dialogue n'est pas rompu et que nous pouvons continuer à discuter avec le gouvernement", a déclaré Alain Olive, président de l'Unsa à LCI.fr.
Quant aux syndicats qui n'ont pas été conviés, l'heure est à la prudence avec cependant une pointe d'agecement : "On verra ce qu'il en sortira", a jugé sobrement Joël Le Coq, secrétaire général de la CFDT transports, contacté par LCI.fr. Et de réaffirmer que, non opposé au passage à 40 ans de cotisations, la CFDT est en revanche ferme sur la nécessité de prendre en compte la pénibilité de certains métiers de même que de trouver une solution pour les agents qui ont cotisé dans le privé puis dans le public.
Le Premier ministre ce soir sur TF1
"J'avoue que la méthode me surprend, de la part du gouvernement mais aussi de la CGT", a estimé Bernard Aubin, secrétaire fédéral de la CFTC Transports, joint par LCI.fr mardi matin (avant que la CFTC soit elle-même conviée chez Xavier Bertrand). "La CGT sait faire appel aux autres pour monter une grève mais il faut aussi qu'elle les tienne au courant de ses décisions". Selon le responsable syndical, il s'agit sans doute d'une stratégie du gouvernement pour diviser les syndicats. "Le gouvernement avait d'abord essayé de séparer les deux fronts syndicaux, d'un côté les réformistes (CFTC, CFDT et CGC et Unsa), de l'autre les révolutionnaires (CGT, FO et Sud) mais sans succès, ensuite il y a eu la volonté de renvoyer les négociations aux entreprises avec notamment le courrier d'Anne-Marie Idrac. Et maintenant, il s'attaque au syndicat locomotive de la grève, stratégiquement, ce n'est pas idiot", poursuit Bernard Aubin.
Toutefois, éviter la grève qui débutera mardi soir à 20h à la SNCF ne semble plus possible. François Fillon a prévu de s'exprimer mardi dans le journal télévisé de 20h sur TF1.
Manifestation à Paris mercredi |
Plusieurs syndicats des entreprises en grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite (SNCF, RATP, EDF, GDF) manifesteront mercredi à Paris. Le cortège partira à 14h30 de la gare Montparnasse, jusqu'à la gare d'Austerlitz. Selon la CGT, l'ensemble des syndicats qui appellent à la grève jeudi appellent aussi à cette manifestation. Sept des huit syndicats de cheminots (CGT, Sud Rail, Unsa, FO, CFTC, CFE-CGC, CFDT) appellent ainsi à manifester, de même que les sept syndicats de l'Energie (CGT, FO, CFDT, CFE-CGC, CFTC, Sud et Unsa) et six syndicats sur huit de la RATP (CGT, Sud, Unsa, indépendants, FO, CFDT), ou encore les syndicats CGT, Sud, FO et la FSU de l'Opéra de Paris. |
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