La CGT reçue par Xavier Bertrand

Par , le 13 novembre 2007 à 11h34 , mis à jour le 13 novembre 2007 à 17h36

A quelques heures du début de la grève, une délégation CGT est reçue par le ministre du Travail. Dernière tentative d'éviter la grève, volonté de diviser le front syndical, que signifie cette entrevue ?

Bernard Thibault CGT régimes spéciaux retraite Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, mardi 13 novembre au ministère du travail © LCI

Les autres syndicats n'avaient pas l'air au courant. Au mieux, ils l'ont appris en interne, d'autres par une dépêche AFP. Une délégation de la CGT, conduite par son secrétaire général Bernard Thibault, est reçue en ce moment par le ministre du Travail Xavier Bertrand à quelques heures du début de la grève à la SNCF contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. Le ministre a également annoncé lors des questions à l'Assemblée cet après-midi qu'il recevrait l'Unsa à 19h45 et la CFTC mercredi.

La CGT a déclaré qu'elle réclamerait de nouveau lors de cet entretien, qu'elle a sollicité, une négociation tripartite entre le gouvernement, les syndicats et les directions des entreprises concernées par la réforme (SNCF, RATP, EDF, GDF...), cette négociation "ne pouvant être laissée au niveau des entreprises", a indiqué le leader cégétiste.

L'Unsa n'aura pas la même exigence car elle n'est pas opposée aux négociations par entreprise : "à quelques heures d'un conflit auquel nous avons été les derniers à nous rallier, il est important pour nous de montrer que le dialogue n'est pas rompu et que nous pouvons continuer à discuter avec le gouvernement", a déclaré Alain Olive, président de l'Unsa à LCI.fr.

Quant aux syndicats qui n'ont pas été conviés, l'heure est à la prudence avec cependant une pointe d'agecement : "On verra ce qu'il en sortira", a jugé sobrement Joël Le Coq, secrétaire général de la CFDT transports, contacté par LCI.fr. Et de réaffirmer que, non opposé au passage à 40 ans de cotisations, la CFDT est en revanche ferme sur la nécessité de prendre en compte la pénibilité de certains métiers de même que de trouver une solution pour les agents qui ont cotisé dans le privé puis dans le public.

Le Premier ministre ce soir sur TF1

 "J'avoue que la méthode me surprend, de la part du gouvernement mais aussi de la CGT", a estimé Bernard Aubin, secrétaire fédéral de la CFTC Transports, joint par LCI.fr mardi matin (avant que la CFTC soit elle-même conviée chez Xavier Bertrand). "La CGT sait faire appel aux autres pour monter une grève mais il faut aussi qu'elle les tienne au courant de ses décisions". Selon le responsable syndical, il s'agit sans doute d'une stratégie du gouvernement pour diviser les syndicats. "Le gouvernement avait d'abord essayé de séparer les deux fronts syndicaux, d'un côté les réformistes (CFTC, CFDT et CGC et Unsa), de l'autre les révolutionnaires (CGT, FO et Sud) mais sans succès, ensuite il y a eu la volonté de renvoyer les négociations aux entreprises avec notamment le courrier d'Anne-Marie Idrac. Et maintenant, il s'attaque au syndicat locomotive de la grève, stratégiquement, ce n'est pas idiot", poursuit Bernard Aubin.

Toutefois, éviter la grève qui débutera mardi soir à 20h à la SNCF ne semble plus possible. François Fillon a prévu de s'exprimer mardi dans le journal télévisé de 20h sur TF1.

Manifestation à Paris mercredi

Plusieurs syndicats des entreprises en grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite (SNCF, RATP, EDF, GDF) manifesteront mercredi à Paris. Le cortège partira à 14h30 de la gare Montparnasse, jusqu'à la gare d'Austerlitz. Selon la CGT, l'ensemble des syndicats qui appellent à la grève jeudi appellent aussi à cette manifestation. Sept des huit syndicats de cheminots (CGT, Sud Rail, Unsa, FO, CFTC, CFE-CGC, CFDT) appellent ainsi à manifester, de même que les sept syndicats de l'Energie (CGT, FO, CFDT, CFE-CGC, CFTC, Sud et Unsa) et six syndicats sur huit de la RATP (CGT, Sud, Unsa, indépendants, FO, CFDT), ou encore les syndicats CGT, Sud, FO et la FSU de l'Opéra de Paris.

Les prévisions de trafic SNCF et RATP, cliquez ici

Par Sophie Lutrand le 13 novembre 2007 à 11:34
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27 Commentaires

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  • Morin, le 13/11/2007 à 16h14

    Tous ensemble! tous ensemble...derrière le gouvernement pour faire le grand nettoyage, comme l'a fait en son temps Margaret Thatcher en Angleterre.

  • Jemp, le 13/11/2007 à 15h48

    Que les députés si prompts à se voter des lois pour s'octroyer une retraite de 1500 euros mensuels pour 5 ans de travail, et conserver pendant 5 ans apres leur mandat les 5600 euros mensuels d'indemnités donnent l'exemple. Je suis retraité et les nouvelles taxes sur les médicaments, les hausses de prix ne peuvent que nous pousser à soutenir ceux qui luttent ^pour leur pouvoir d'achat. Que les élus donnent l'exemple et peut-^etre que les français suivront...

  • Matou, le 13/11/2007 à 15h28

    A vous fiche de paie. Taux de cotisation salariale et patronale du privée 26 % du salaire et pour sncf 42 %. Alors même sur 40 ans un salarié du privée alimente moins le système de retraite. L'opinion publique doit être manipulée, et les médias ne joue plus leur rôle dans notre démocratie.

  • Adrien, le 13/11/2007 à 15h25

    La chasse aux privilèges (des autres). Par soucis d'équité explique Nicolas SARKOZY. Mais ceux qui ont commencé à 14, 15, 16, ou17 ans, auront cotisé 43, 44, 45, ou 46 ans. Ceux là verront ils leurs années de cotisation ramenées à 40 ans?

  • Josée, le 13/11/2007 à 15h15

    Attention, Mrs Bertrand et Fillon, pas question de céder quoique ce soit à la CGT, vous avez dit qu'il n'y aurait pas de réunion tri-partite, c'est aux entreprises de négocier au cas par cas en fonction d'une hypothétique pénibilité.Comparez avec la pénibilité des aides soignants, infirmiers qui ont la charge de gros malades, certains en fin de vie, souffrent, se souillent, réclament la mort.. Venez prendre leurs places ne serait-ce qu'un jour... Le personnel de SOS médecin,les urgentistes, qui à tous moments partent essayer de sauver des vies, les cheminots osent parler de pénibilité, de stress et de responsabilités, ouvrez les yeux, vous n'êtes pas le centre du monde même si vous pouvez prendre la France en otage Les nuits, les dimanches, les horaires décalés, des dizaines de professions les connaissent...

  • Jack, le 13/11/2007 à 15h03

    La gauche a perdu les presidentielles et elle ne le digere pas! Elle recolte pourtant ce qu'elle seme. Sa maniere de voir les choses est de casser au maximum et faire croire aux francais que c'est de la faute au pouvoir (legitime) en place car n'ayant rien a proposer! La greve sera forte dit-elle . . . c'est la son programme. Demolir une economie, un pays dans le but (sic hollande) d'aller de l'avant! Tristes socialos, tristes syndicats, tristes cocos! Sans aucune convictions, merci de publier quand meme. Francais de Belgique.

  • Serge, le 13/11/2007 à 15h01

    Que les reformes soient appliquées aux futur employés,soit. mais ceux qui travaillent depuis des années et qui ont contre signé un contrat implicant ces statuts doivent les conserver !!!

  • Jean paul, le 13/11/2007 à 14h56

    Une grève pénalise toujours, et là toutes les couches sociales sont atteintes.Le taux de mécontents est élevé,on le comprend.Ce qui ne veut pas dire que l'on ne respecte pas ceux qui la font.Mais il faut qu'ils tiennent compte que dans d'autres administrations, des réformes sont faites, ce n'est pour autant, qu'ils paralysent le pays.

  • Fabrizio, le 13/11/2007 à 14h27

    ... " diviser pour mieux régner " ... Technique utilisé jadis par les romains ... De nos jours le système est identique . Il n'y a qu'à rentrer dans un commissariat pour s'en rendre compte et ce , des deux côtés du " comptoir " . Exemple parmi d'autres ...

  • Foxie, le 13/11/2007 à 14h12

    La CGT souhaiterait-elle ne pas déclencher une grève qu'elle sait impopulaire et craint de perdre, et viendrait-elle donc pour une négociation "bidon" où elle obtiendrait une concession de dernière minute lui servant d'alibi vis à vis de ses troupes ? J'en doute car c'est bien tard. Mais alors, pourquoi a-t-elle demandé cet ultime rendez-vous? Pour encore dire après que c'est le Gouvernement qui ne veut rien entendre et, selon la langue de bois CGTiste habituelle, "porte l'entière responsabilité de la grève"? Il est certain que le résultat de cette grève confortera le vainqueur pour assez longtemps, et affaiblira le perdant de même. Je souhaite que le vainqueur, à travers le Gouvernement, soit la majorité silencieuse des victimes régulières de ces syndicats ultra-corporatistes.

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