Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, le 14 novembre 2007 © TF1/LCIXavier Bertrand fait un (petit) pas de plus vers les syndicats. Vendredi, il promet l'ouverture "immédiate" des négociations tripartites sur la réforme des régimes spéciaux de retraites, dès que les syndicats appeleront à la reprise du travail. "La lettre de méthode correspond à ce qui a été demandé pour suspendre le conflit. J'attends tout simplement que l'on fasse ce qui m'a été dit dans mon bureau",a-t-il fait valoir.
Sur le terrain, la grève est toujours effective ce vendredi, et des fortres perturbations sont toujours a prévoir tout au long de la journée, malgré une baisse du taux de grévistes. Le mouvement est pour le moment prévu de durer jusqu'à samedi à la SNCF, la base rechignant à se contenter d'annonces de négociations tripartites (Etat, syndicats, directions). Sept fédérations syndicales de cheminots ont même demandé aux AG de reconduire vendredi le mouvement de grève "pour 24 heures". Du côté de la RATP par contre, pas de mot d'ordre pour l'instant au sujet de samedi. "Les décisions de reconduire se prennent en AG, au vu des éléments qui évoluent positivement ou non", a indiqué Eric Nabet, secrétaire général du syndicat CGT métro RER.
Les espoirs déçus d'un apaisement
Plus tôt dans la journée, Didier Le Reste (CGT-cheminots) avait pourtant laissé entrevoir un possible apaisement, expliquant que le gouvernement avait proposé "des éléments nouveaux", et que les salariés devaient "en débattre et décider" de poursuivre ou suspendre la grève. Mais la lettre du ministre du Travail, envoyée mercredi soir aux syndicats, "a été analysée par les AG, qui ont conclu que les cheminots ne pouvaient s'en contenter", voulant savoir ce qu'il y aura "dans le panier des négociations", selon FO. Dans sa missive, Xavier Bertrand avait accordé "un mois" aux syndicats pour trouver une issue avec les entreprises, et accepté la participation de l'Etat aux négociations, réclamée par la CGT, tout en exigeant "le respect des principes d'harmonisation".
Six syndicats de cheminots, mais pas Sud-Rail, ont demandé au ministre d'organiser vendredi une réunion tripartite "pour fixer le cadre" des négociations à la SNCF. Mais le ministre du Travail martèle que les discussions ne pourraient commencer que lorsque les syndicats "auront mis fin à la grève". Mais la CFTC-cheminots a rappelé que "ce sont les cheminots qui font la loi sur le terrain" et Sud-Rail appelé à rejeter le "cinéma" du ministre. Plusieurs confédérations syndicales penchent pourtant pour la reprise du travail, comme la CFDT de François Chérèque...
Sabotages à la SNCF |
La SNCF a dénoncé vendredi les actions de cheminots grévistes qui ont empêché ou perturbé le départ de trains dans des gares d'Ile-de-France et de province. Selon la SNCF, des incidents ont eu lieu notamment à Paris Saint-Lazare, Val d'Argenteuil, Lille, Château-Thierry, Sarreguemines, Saint-Quentin. Des actes de malveillance à l'initiative de certains personnels en grève "incontrôlés" affectent plusieurs points du réseau et retardent des trains prévus ce jour, avance la SNCF. Il s'agit d'occupations de voies, de signaux d'alarmes tirés abusivement, d'allumage de torches à flamme rouge, de fermeture de signaux et même de mise en place d'obstacles sur les voies ou encore de détériorations de matériels. La SNCF "condamne totalement et vivement ces exactions qui pénalisent nos voyageurs" et affirme que "ces actes sont illégaux et feront l'objet de poursuites pénales." |
D'après agence
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