Quai de gare vide pendant la grève des trains allemands (15 novembre 2007) © TF1/LCIUn mouvement de grève qui touche tout le pays, des trains annulés et des passagers contraints par milliers de trouver des solutions de substitution... Une situation douloureusement familière pour de nombreux usagers des transports en ce moment en France... mais aussi en Allemagne, touchée par une épreuve de force sans précédent dans l'histoire de la Deutsche Bahn. Et alors que le mouvement s'étend, le syndicat GDL menace, faute de nouvelles offres d'ici lundi, d'appeler à une "grève illimitée" qui "pourrait durer jusqu'à Noël". La compagnie ferroviaire allemande, tout en refusant toute "capitulation inconditionnelle", parle elle-même de "la plus grande grève" de son histoire.
Pendant que se déroule ce bras de fer, comme en France, des millions de passagers doivent innover pour se rendre à leur travail. La situation était très critique ce jeudi dans l'est, où seuls 10% des trains régionaux circulaient, contre 50% pour le reste du pays. Les réseaux urbains étaient aussi particulièrement touchés. A Francfort et Stuttgart, seul un tiers des "S-Bahn" circulaient. A Berlin, Hambourg et Munich, il fallait patienter entre 20 mn et une heure entre chaque train. Sur les grandes lignes, environ deux tiers des trains circulaient, essentiellement des trains à grande vitesse ICE. Le trafic était perturbé entre l'Allemagne et l'Autriche. Par contrecoup, des compagnies aériennes à bas coût comme Air Berlin et Germanwings bénéficient du mouvement avec une hausse des réservations de 15 à 30% sur leurs lignes intérieures.
Le gouvernement appelle à négocier
Mais les transports de passagers ne sont pas les seuls touchés. La situation est aussi "de plus en plus tendue" dans le transport de marchandises, où les arrêts de travail commencés mercredi touchaient en moyenne jeudi 40% des trains, avec des pics de 90% à Berlin et 70% à Hambourg. La Fédération du fret et de la logistique a mis en garde contre les conséquences de la grève. "Si les ports maritimes sont bloqués, le coût économique quotidien pourrait dépasser les 500 millions d'euros", a dit son vice-président Adolf Zobel au Passauer Neue Presse. Les secteurs d'ores et déjà les plus touchés sont l'industrie automobile, chimique, et sidérurgique. Ainsi le constructeur automobile Audi a-t-il annoncé avoir mis à l'arrêt son usine à Bruxelles à cause de la grève qui perturbe son approvisionnement.
Théoriquement, les grèves doivent s'achever dans tous les secteurs dès la première heure de samedi matin. Mais les positions semblent bloquées. Le syndicat GDL, qui compte 30.000 adhérents, réclame une convention collective séparée de celle des autres corps de métiers de la Bahn, ainsi que des hausses de salaires substantielles. Deutsche Bahn a jusqu'ici catégoriquement refuser de céder sur le premier point, au nom de l'unité tarifaire. Le ministre des Transport a lancé un appel pour "retourner à la table des négociations". Et le gouvernement, qui s'est longtemps tenu à l'écart d'un conflit qui ne le vise pas, multiplie les appels pour éviter "l'escalade".
D'après agence
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