Le discret "bas de laine" de la CFDT

Par F.L., le 16 novembre 2007 à 15h57 , mis à jour le 16 novembre 2007 à 17h14

Le syndicat dispose depuis des années d'un fonds servant notamment à financer les grévistes syndiqués.

TF1/LCI : François Chérèque (CFDT) à son arrivée rue Saint-Dominique, à Paris, pour un entretien avec Nicolas Sarkozy (14 mai 2007)François Chérèque (CFDT) à son arrivée rue Saint-Dominique, à Paris, pour un entretien avec Nicolas Sarkozy (14 mai 2007) © TF1/LCI

L'information est révélée par Le Parisien qui précise que, jusqu'alors et "depuis des décennies", seules trois personnes étaient au courant au sein de la CFDT : le secrétaire général du syndicat, le trésorier et le chef des services comptables. Au cours des années en effet, la centrale syndicale a mis sur pied une "caisse de résistance", discrète cagnotte qui compterait aujourd'hui de 100 millions à 150 millions d'euros, et qui servirait notamment pour tenir le choc pendant les grèves.

Peut-on parler de "caisse noire" ? Pas vraiment, puisque cette Caisse nationale d'action syndicale (Cnas), dont la création remonte officiellement à 1974, est tout à fait légale. Il s'agirait en fait de l'héritière des fonds que s'étaient constitués toutes les fédérations pour tenir financièrement pendant les mobilisations sociales - fonds dont l'origine pourrait remonter à deux siècles et qui ont depuis été centralisés.

La Cnas, une "fierté pour la CFDT"

Reste que si cette "cagnotte" est légale, la CFDT est restée jusqu'à aujourd'hui très discrète à son sujet. Il aura fallu les révélations du Parisien pour que le syndicat réagisse par voie de communiqué, en se félicitant de l'existence de ce fonds, "fierté pour la CFDT", et souligne que "la mise en place de ce service aux adhérents, service digne des grands syndicats européens, est assis sur le principe de solidarité, fondement du syndicalisme". Si la CFDT assure que "ses statuts sont adoptés par le congrès et sont publics", Le Parisien remarque pour sa part que "même le bureau national (l'organe décisionnel de la CFDT) n'a pas autorité sur la Cnas : elle est rattachée à un comité de gestion, élu par les fédérations et les régions".

D'où viennent les fonds ? En premier lieu, des cotisations des adhérents, qui ont représenté, rappelle Le Parisien, 65 millions d'euros en 2006 : sur cette somme, 8,6 % vont directement à la Cnas, soit 5,3 à 5,4 millions d'euros au cours de l'année dernière. En second lieu, de placements financiers (dont le journal chiffre la recette pour 2006 à 4,4 millions d'euros) et du produit de la location d'un immeuble de bureaux.

Comment ces fonds sont-ils mis en oeuvre ? Ils permettent notamment de soutenir financièrement les grévistes, qui peuvent ainsi recevoir 16 euros par jour à partir du troisième jour de conflit. "Nos règles internes prévoient que le montant de la réserve doit correspondre à l'indemnisation de 10 jours de grève pour chaque adhérent, soit un montant actuel de 128 millions d'euros", précise la CFDT. Autre utilité de ce fonds : les adhérents bénéficient d'une assistance juridique, devant les conseils de prud'hommes, le tribunal administratif ou encore les tribunaux d'instance ou de sécurité sociale, indique la CFDT. Ils disposent pour cela du soutien d'un avocat ou d'un défenseur agréé.

Par F.L. le 16 novembre 2007 à 15:57
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience