© AFP - JEAN AYISSI 
Les images de l'intervention des CRS à Nanterre
Deuxième jour de heurts sur le campus de l'université de Nanterre. Des CRS ont délogé mardi vers 10h à coups de matraques entre 100 et 200 étudiants qui bloquaient l'entrée d'un bâtiment de la faculté de Paris X. Le blocage avait été voté lundi en assemblée générale et selon l'Unef, quelque 150 étudiants étaient venus dès 7h mardi matin pour bloquer la dizaine de bâtiments que compte le site, avant l'intervention des forces de l'ordre. En début d'après-midi, les derniers étudiants, qui bloquaient le bâtiment de droit, ont quitté les lieux pour organiser "un comité de lutte" dans un autre bâtiment.
L'intervention a néanmoins donné lieu à un face-à-face très tendu entre bloqueurs et antibloqueurs, séparés par un cordon policier, à coups d'insultes, de jets de poignées de terre ou de crachats. Les CRS et gendarmes mobiles ont repoussé à plusieurs reprises les bloqueurs qui tentaient de faire pression sur leurs boucliers, distribuant des coups de matraques et utilisant, parfois, des spray lacrymogènes. Une AG des antibloqueurs s'est tenue en fin de matinée dans un amphithéâtre du bâtiment.
Le blocage des gares divise
Ailleurs en France, après des jours de colère étudiante, le mouvement contre la loi Pécresse progresse inégalement. De même que l'appel de la coordination nationale étudiante à se joindre au mouvement des cheminots en bloquant les gares mardi. Une idée qui n'a pas plu à tout le monde, les syndicats en tête. L'Unef s'est opposée à cet appel, préférant que les étudiants se "joignent aux cortèges" de mercredi. FO et la CGT-Cheminots ont également demandé aux étudiants de ne pas bloquer les gares. Discuté dans les facs, ce blocage avait été voté par deux campus : ceux de Montpellier III et Rouen. Mais mardi, dans l'après-midi, aucune gare n'était bloquée.
13 universités sur 85 sont elles toujours partiellement ou totalement, un chiffre identique à celui de vendredi. Les étudiants de Rennes 2 se sont eux prononcés lundi lors d'un vote à bulletins secrets contre le blocage de leur faculté, mais la confusion régnait quant à une éventuelle reprise des cours. Le président de Rennes 2, Marc Gontard, a dénoncé mardi le "comportement terroriste" de la centaine d'étudiants armés de barres de fer ou de battes de base-ball qui continuent de bloquer l'université. De son côté, le président de l'Unef, Bruno Julliard, a condamné la poursuite du blocage de l'université Rennes II. "Il faut respecter le vote majoritaire", a-t-il déclaré sur France 2.
A l'inverse, les étudiants de Lille III ont voté lundi soir à bulletin secret la poursuite du blocus, de même à Montpellier 3. De même pour les enseignants et personnels de l'université de Toulouse-le-Mirail, qui ont décidé de s'associer au mouvement étudiant en votant le blocage. Une cinquantaine d'assemblées générales sont organisées cette semaine dans toutes les facs de France.
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