Grève : des fissures sur le front syndical

Par A.Ga. (avec agences), le 10 novembre 2007 à 10h30 , mis à jour le 10 novembre 2007 à 20h08

Signe qu'une brèche pourrait s'ouvrir, la CFE-CGC déclare qu'elle pourrait renoncer à la grève si la direction de la SNCF propose des "mesures concrètes".

TF1-LCI © TF1-LCI

Sarkozy reste ferme
 

Dans quatre jours, c'est la grève. Et ce mouvement de protestation contre la réforme des régimes spéciaux de retraite s'annonce dur : Nicolas Sarkozy n'entend pas fléchir, François Fillon réaffirme que la réforme ne sera pas "repoussée" et dans un entretien au Figaro samedi, Xavier Bertrand prévient les usagers des transports en commun : "la grève peut durer".
 
Dans la logique de cette fermeté affichée par le gouvernement, le ministre du Travail a refusé samedi après-midi d'organiser la réunion entre l'Etat, les syndicats et les entreprises, demandée par la CGT, le premier syndicat des agents de conduite. Deux raisons à ce refus sont avancées par Xavier Bertrand : "D'une part, plusieurs autres confédérations m'ont fait part de leur intention de ne pas s'y associer ; d'autre part et surtout elle ne m'apparaît pas efficace, considérant que les points de vue sur les principes de la réforme, notamment le passage à 40 annuités, sont très éloignés, en particulier celui de la CGT qui s'y clairement déclarée opposée". Et le ministre d'inviter "sans délai" la CGT à entrer dans les négociations avec les entreprises, tandis que Bernard Thibault pense, dans le JDD, que le gouvernement "a cherché à créer la division syndicale", "veut le conflit pour l'exemple" et "orchestre une dramatisation".

"Il faut que nous démontrions que la négociation paie"
 
Sept syndicats de cheminots ont appelé à une grève reconductible dès mardi, 20 heures. Seul un s'est abstenu : La Fédération générale des agents de conduite (Fgaac). Le deuxième syndicat explique avoir "engagé la discussion" avec la direction de la SNCF. L'accord passé consiste à récompenser par des hausses de salaires les cheminots acceptant de jouer le jeu de la réforme des régimes spéciaux de retraite en travaillant plus longtemps.
 
Cet accord a vocation à s'élargir, affirme l'entreprise ferroviaire samedi. Et une nouvelle avancée positive est apparue côté syndicats. Sur France Info, le président de la CFE-CGC a déclaré que son organisation pourrait renoncer à la protestation si la SNCF proposait des "mesures concrètes" en matière salariale. "Il y a des avancées au fur et à mesure que nous nous approchons de la date fatidique du 14 novembre et j'espère que dans les heures qui viennent, les jours qui viennent, on saura se retrouver autour de la table" avec la direction de l'entreprise ferroviaire, indique son président Bernard Van Craeynest. Et le syndicaliste de ponctuer d'un : "Il faut que nous démontrions que la négociation paie".
 
"Hier, rien n'était possible, on avait les pires difficultés pendant les négociations salariales annuelles, et aujourd'hui tout serait négociable ?", rétorquait, ironique, le secrétaire général de la CGT-cheminots, Didier Le Reste. Le leader reproche à la SNCF de chercher à "diviser les syndicats" et de "négocier en catimini". Pas de réunion tripartite, pas de négociations entre la SNCF et la CGT à l'ordre du jour. Si quelques ouvertures sont apparues chez certains syndicats, la grève aura bien lieu. Elle s'annonce massive.
 

45% de sympathie ou de soutien, contre 54% 

La grève à la SNCF la semaine prochaine rencontre le soutien ou la sympathie de 45% des Français, contre 54% pour le précédent mouvement du 18 octobre, tandis que 35% éprouvent de l'opposition ou de l'hostilité, selon un sondage CSA* paru samedi dans l'Humanité. Interrogés sur "la journée nationale d'action et de grève le 14 novembre prochain, notamment sur l'avenir du système de retraite et des régimes spéciaux", à laquelle appellent "plusieurs syndicats de la SNCF", 21% des sondés soutiennent le mouvement, 24% éprouvent de la sympathie à son égard, 18% sont indifférents, 21% y sont opposés et 14% hostiles (2% sans opinion). Lors du précédent sondage CSA-l'Humanité, publié à la veille de la grève du 18 octobre, le mouvement rencontrait 54% de soutien ou de sympathie, contre 26% d'hostilité ou d'indifférence et 17% d'indifférence. Mais, selon d'autres sondages, BVA-Figaro-LCI et Ifop-Métro, publiés le même jour et avec des formulations de questions différentes, 55 à 61% des Français trouvaient la grève du 18 octobre "non justifiée". * Sondage réalisé par téléphone les 7 et 8 novembre auprès d'un échantillon national représentatif de 996 personnes adultes (méthode des quotas).

 

Par A.Ga. (avec agences) le 10 novembre 2007 à 10:30
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25 Commentaires

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  • Buffet, le 10/11/2007 à 19h45

    Plusieurs personnes parlent des nantis de la sncf je peux l'affirmer ils sont nantis- j'étais cheminote je suis partie je peux perler du privé -un retraite sncf disait a la télé lors de la derniere greve que ceux du privé devraient les rejoindre comment faire grève cela n'existe pas dans le privé sont ils stupides a ce point ils mentent quand ils parlent de leur salaire ils oublient les nombreuses tres nombreuses primes et le calcul des 6 derniers mois pour leur retaite ils oublient de dire qu'ils ne paient pas le medecin et y vont sur le temps de travail si ça c'est pas du privilège c'est quoi et le train qu'ils ne paient pas et leur famille en activite et a la retraite et les cotisations sociales elles sont la moitie des notres alors stop je peux le dire et l ecrire ils sont nantis et il n'y a que ceus la qui peuvent faire greve j'attends leur réponse

  • JPP57, le 10/11/2007 à 19h03

    FINANCÉS PAR LES BÉNÉFICIAIRES ! Je suis pour le maintien de tous les régimes spéciaux ... à condition qu'ils soient financés uniquement par les bénéficiaires. Cette proposition n'est-elle pas équitable ? Qui peut prétendre le contraire ?

  • Preselle, le 10/11/2007 à 18h48

    Chapeau bas aux exercices de désinformation de Jemp, Saint-Marcel et Lecardonnel, Péronne. Ces deux-là ne sont pas syndicalistes pour rien: ils évoquent les salaires des cheminots sans préciser que les primes diverses viennent doubler le montant de ce salaire; ils oublient de préciser que ce salaire augmente automatiquement tout au long de leur carrière et j'en passe...Il y en a même un qui ose dire qu'ils financent eux-mêmes leur régime spécial alors que les contribuables français renflouent chaque année la SNCF de 10 milliards d'euros. La France en a marre des mensonges de ces syndicalistes et cette fois-ci, on va les mettre au boulot pour de bon. Le gouvernement ne doit plus jamais reculer devant ces maîtres-chanteurs.

  • Jean paul, le 10/11/2007 à 18h46

    Faut pas dire mais les grévistes de la SNCF vont se mettrent a dos les usagers, et là les syndicats ne viendont pas les réconforter.

  • Mark, le 10/11/2007 à 18h42

    A écouter Jemp de St Marcel, ils cotisent beaucoup les cheminots! A tel point que je propose que leurs actifs, et leurs actifs seulement, financent leurs retraités. Ils n'auront pas fini de pleurer! Jemp, renseignez vous, leur régime est en faillite sans l'apport du privé, et arrêtez vos slogans stupides et inféodés aux syndicats qui nous pourrissent la vie!

  • Monique, le 10/11/2007 à 18h36

    Je connais beaucoup de fonctionnaires et croyez-moi sans être des "nantis", certains ont "la planque", et il est certain que ça ne les arrangent pas de changer quoi que ce soit, (je ne parle pas de ceux qui font des métiers physiques et plus pénibles et qui souvent ne sont pas assez reconnus), mais de ceux qui nombreux sont intouchables malgré leur travail très approximatif car ils savent qu'ils ont la sécurité de l'emploi et qu'ils sont protégés par les syndicats, sans parler des arrangements et avantages en tous genres. Il faut que le gouvernement tienne bon pour casser ce système de syndicats pervertis, je parle principalement de la CGT qui a le monopole et qui est devenu une dictature, bien loin des beaux idéaux qui élevaient l'homme et la société et à qui nous devons beaucoup. Ce n'est pas N SARKOZY et le Gouvernement comme l'affirment certains qui divisent les Français, ils sont assez grands et réfléchis pour penser tout seuls, mais il y a longtemps qu'ils en ont ras-le-bol de certains cgtistes de la RATP SNCF etc, que certains employés du privé en bavent surtout à Paris comme c'est pas possible, et que aujourd'hui, avec ce nouveau gouvernement, ils ont enfin l'occasion de voir changer les choses.

  • Jemp, le 10/11/2007 à 15h17

    Tous en greve contre l'hypocrisie de sarkosy et son ministre : on s'auto-augmente de 140 % et on augmente le budget de l'Elysée de 32 à 100 millions pour donner à manger aux petits copains. Dans le même temps on explique que les cheminots qui gagnent 1500 ? par mois sont des privilégiés !Leur régime de retraite ils se le payent en cotisant 12 % de plus que le privé. Les faire passer dans le régime général ne fera faire aucune économie., Il faut que public et privé montrent au pouvoir en place qu'il y en a marre des privilèges des nantis. Les 15 milliards de cadeaux fixcaux auraient pu servir à renflouer le trou de la sécu qui n'était que de 10 milliards. Alors que ceux qui vont toucher ce magot n'en ont pas besoin pour vivre ! halte au scandale et réagissez ! tous en greve avec les cheminots.

  • Lecardonnel, le 10/11/2007 à 15h14

    Les anti-grévistes que je lis ici sont ridicule sur deux points : - ils parlent de privilégiés !!! vous vous rendez-compte ? Un gars qui gagne 1200? est un privilégié ! bien sûr, qu'il y a plus malheureux ! A ce moment là, par solidarité, baissez vos revenus.... - s'il n'y avait pas de gréviste, vous n'auriez pas de congés payés, pas de retraite, pas de salaire, .... Ce sont les grèves qui ont fait votre train de vie - la solidarité voudrais qu'on nivèle tous le monde vers le bas...dans ce cas, que M. Sarkozy baisse le salaire du 1er ministre plûtot que de s'augmenter de 208% et qu'il renonce à sa retraite (spéciale) qu'il va avoir tout de suite et à vie et non à 75 ans comme nous

  • Rose, le 10/11/2007 à 14h58

    12 millions de personnes se sont prononcées pour la politique de Nicolas SARKOZY. Comment pourrions-nous accepter la grève de la fonction publique qui ne représente que 500000 personnes salariées et qui plus est pour leur permettre de maintenir une inégalité flagrante entre Français ? J'ajouterai que la fonction publique s'est rarement ralliée aux grèves des salariés du privé pour protester contre certaines réformes, au motif que les salariés n'étaient pas concernés. Comment peuvent-ils croire qu'ils seront soutenus par la population !

  • Yomo, le 10/11/2007 à 14h50

    L'augmentation de leurs salaires étaient à prévoir puisque leur retraite est calculé sur leur 6 derniers mois Dans le privé c'est les 25 mezilleurs années. Ce n'est pas juste

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