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| Sarkozy reste ferme |
Dans quatre jours, c'est la grève. Et ce mouvement de protestation contre la réforme des régimes spéciaux de retraite s'annonce dur : Nicolas Sarkozy n'entend pas fléchir, François Fillon réaffirme que la réforme ne sera pas "repoussée" et dans un entretien au Figaro samedi, Xavier Bertrand prévient les usagers des transports en commun : "la grève peut durer".
Dans la logique de cette fermeté affichée par le gouvernement, le ministre du Travail a refusé samedi après-midi d'organiser la réunion entre l'Etat, les syndicats et les entreprises, demandée par la CGT, le premier syndicat des agents de conduite. Deux raisons à ce refus sont avancées par Xavier Bertrand : "D'une part, plusieurs autres confédérations m'ont fait part de leur intention de ne pas s'y associer ; d'autre part et surtout elle ne m'apparaît pas efficace, considérant que les points de vue sur les principes de la réforme, notamment le passage à 40 annuités, sont très éloignés, en particulier celui de la CGT qui s'y clairement déclarée opposée". Et le ministre d'inviter "sans délai" la CGT à entrer dans les négociations avec les entreprises, tandis que Bernard Thibault pense, dans le JDD, que le gouvernement "a cherché à créer la division syndicale", "veut le conflit pour l'exemple" et "orchestre une dramatisation".
"Il faut que nous démontrions que la négociation paie"
Sept syndicats de cheminots ont appelé à une grève reconductible dès mardi, 20 heures. Seul un s'est abstenu : La Fédération générale des agents de conduite (Fgaac). Le deuxième syndicat explique avoir "engagé la discussion" avec la direction de la SNCF. L'accord passé consiste à récompenser par des hausses de salaires les cheminots acceptant de jouer le jeu de la réforme des régimes spéciaux de retraite en travaillant plus longtemps.
Cet accord a vocation à s'élargir, affirme l'entreprise ferroviaire samedi. Et une nouvelle avancée positive est apparue côté syndicats. Sur France Info, le président de la CFE-CGC a déclaré que son organisation pourrait renoncer à la protestation si la SNCF proposait des "mesures concrètes" en matière salariale. "Il y a des avancées au fur et à mesure que nous nous approchons de la date fatidique du 14 novembre et j'espère que dans les heures qui viennent, les jours qui viennent, on saura se retrouver autour de la table" avec la direction de l'entreprise ferroviaire, indique son président Bernard Van Craeynest. Et le syndicaliste de ponctuer d'un : "Il faut que nous démontrions que la négociation paie".
"Hier, rien n'était possible, on avait les pires difficultés pendant les négociations salariales annuelles, et aujourd'hui tout serait négociable ?", rétorquait, ironique, le secrétaire général de la CGT-cheminots, Didier Le Reste. Le leader reproche à la SNCF de chercher à "diviser les syndicats" et de "négocier en catimini". Pas de réunion tripartite, pas de négociations entre la SNCF et la CGT à l'ordre du jour. Si quelques ouvertures sont apparues chez certains syndicats, la grève aura bien lieu. Elle s'annonce massive.
45% de sympathie ou de soutien, contre 54% |
La grève à la SNCF la semaine prochaine rencontre le soutien ou la sympathie de 45% des Français, contre 54% pour le précédent mouvement du 18 octobre, tandis que 35% éprouvent de l'opposition ou de l'hostilité, selon un sondage CSA* paru samedi dans l'Humanité. Interrogés sur "la journée nationale d'action et de grève le 14 novembre prochain, notamment sur l'avenir du système de retraite et des régimes spéciaux", à laquelle appellent "plusieurs syndicats de la SNCF", 21% des sondés soutiennent le mouvement, 24% éprouvent de la sympathie à son égard, 18% sont indifférents, 21% y sont opposés et 14% hostiles (2% sans opinion). Lors du précédent sondage CSA-l'Humanité, publié à la veille de la grève du 18 octobre, le mouvement rencontrait 54% de soutien ou de sympathie, contre 26% d'hostilité ou d'indifférence et 17% d'indifférence. Mais, selon d'autres sondages, BVA-Figaro-LCI et Ifop-Métro, publiés le même jour et avec des formulations de questions différentes, 55 à 61% des Français trouvaient la grève du 18 octobre "non justifiée". * Sondage réalisé par téléphone les 7 et 8 novembre auprès d'un échantillon national représentatif de 996 personnes adultes (méthode des quotas). |
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