La coordination nationale réunie à Rennes © TF1 |
| Une porte-parole explique pourquoi ce blocage mardi |
Le gouvernement voulait éviter que les étudiants ne fassent jonction avec les grévistes des journées de mobilisation des 14 et 20 novembre. C'est mal parti. La coordination nationale étudiante contre la loi sur l'autonomie des universités a appelé dimanche à bloquer les gares de France mardi, veille du début de la grève à la SNCF. Dans un texte voté par les délégués d'une quarantaine d'universités réunis à Rennes, elle invite également les étudiants à manifester aux côtés des cheminots et des fonctionnaires.
"L'abrogation inconditionnelle de la loi Pécresse" sur l'autonomie des universités demeure la principale revendication du mouvement qui appelle à "la mobilisation" et souhaite se joindre aux autres mouvements sociaux pour "faire face au rouleau compresseur du gouvernement". Ces étudiants voient dans cette loi LRU "un démantèlement du service public de l'enseignement, une mise en concurrence des universités et une augmentation du poids des entreprises et du privé" dans l'enseignement supérieur. Autre revendication spécifiquement étudiante, la coordination a appelé à un "cadrage national des diplômes", ainsi qu'à la "suppression des frais d'inscription".
Votée dans un "climat assez consensuel"
Maintien des régimes spéciaux, "retour à 37 années et demie de cotisation pour tous les salariés", suppression des franchises médicales ou loi Hortefeux sur l'immigration: ces autres demandes de la coordination élargissent les contours d'une mouvement purement étudiant. Après une quinzaine de jours d'effervescence dans les universités et une accélération inattendue cette semaine, 15 sites universitaires devraient être bloqués lundi et plus d'une cinquantaine d'assemblées générales organisées la semaine prochaine.
Le Premier ministre, François Fillon, a réaffirmé dans le Journal du dimanche que cette loi ne conduisait "en aucun cas à la privatisation des universités, en aucun cas à l'augmentation des droits d'inscription, en aucun cas à la sélection en première année, contrairement à ce prétendent certains". Il a rappelé également que cette loi avait été votée en juillet "dans un climat assez consensuel" et "après négociation avec les organisations étudiantes, dont l'Unef".
Ce syndicat étudiant, leader de la contestation du CPE au printemps 2006, a assuré dimanche à l'AFP être "en accord stratégique avec la coordination nationale lorsque celle-ci parle de 'mobilisation massive' mais en désaccord sur le fond avec la plupart des revendications", au premier rang desquelles l'abrogation de la LRU qu'il juge "irréaliste".
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