Le quai d'une ligne de RER pendant les grèves © TF1/LCIL'épreuve de force entre gouvernement et syndicats sur la réforme des régimes spéciaux de retraite semble désormais inévitable. La CGT RATP a indiqué jeudi qu'elle déposait "un préavis de grève pour la journée du mercredi 14" novembre sur l'ensemble des réseaux (bus, métro et RER), rejoignant ainsi le syndicat Sud RATP. Elle a été suivie par l'Unsa un peu plus tard dans l'après-midi. FO envisageait jeudi en fin d'après-midi de faire de même, selon une source syndicale. La veille chez EDF et GDF, la CGT et Force ouvrière, les deux principaux syndicats, avaient eux aussi appelé à la grève pour ce 14 novembre - avant d'être eux-mêmes suivis ce jeudi par la la CFDT et la CFE-CGC de l'énergie.
Ces mouvements s'ajoutent à celui déjà décidé par sept des huit syndicats de la SNCF à partir du 13 novembre à 20 heures. La CFDT a finalement rejoint mardi soir l'appel à la grève lancé par six autres organisations dès le 31 octobre.
Risque de divorce avec les Français
Jeudi, les 160.000 agents de la SNCF ont reçu une lettre de la main de leur présidente, Anne-Marie Idrac. La direction de l'entreprise ferroviaire y déclaré avoir "bon espoir" qu'au moins un syndicat rejoigne la table des négociations d'ici mardi soir, début de la grève reconductible. Des propositions écrites ont été transmises aux syndicats mercredi. "Nous sommes disponibles à toute heure, sous toute forme" pour des négociations, a déclaré Guillaume Pépy, directeur général délégué de la SNCF.
Le but de cette lettre est de "réduire le nombre de grévistes" et "qu'ils voient l'intérêt relatif d'une grève non payée" par rapport à des négociations, a estimé Anne-Marie Idrac. Un mouvement reconductible serait une "aventure inconnue et dangereuse", "pénaliserait nos clients de manière incompréhensible pour eux". "Ne prenons pas le risque de créer un divorce avec les Français", plaide Anne-Marie Idrac.
Autre mise en garde, émanant cette fois-ci d'un comité d'usagers de l'Ouest francilien : "Les usagers sont exténués et exaspérés par les conditions exécrables de transports qu'ils subissent au quotidien", a expliqué ce groupe, qui rassemble 500 personnes sur les 20.000 usagers de la ligne SNCF Paris-Mantes-la-Jolie, en soulignant un "véritable risque de confrontation entre usagers et employés de la SNCF" lors de la grève qui doit débuter le 13 novembre.
50 millions d'euros pour la dernière grève ? |
La grève des cheminots de la SNCF des 18 et 19 octobre a coûté "une cinquantaine de millions d'euros" à la compagnie nationale, a indiqué jeudi Guillaume Pepy, directeur général exécutif de la SNCF. Il s'agit d'une "estimation" qui recouvre les "pertes de chiffres d'affaires" et les "dédommagements des clients". Dans le détail, la grève a coûté 20 millions pour les grandes lignes, 10 millions pour les TER, 9 millions pour les Transilien et 10 millions pour le fret. Le 18 octobre, la direction avait indiqué qu'une journée de grève lui coûtait en moyenne 20 millions d'euros. |
D'après agence
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