© DRS'il est une chose que les grèves débloquent, ce sont les discussions. Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, annonce dans Le Monde que le gouvernement accepte le principe de négociation tripartite entreprise par entreprise. C'était la proposition que la CGT avait faire mardi soir lors de son entretien avec Xavier Bertrand. Un pas donc du côté de la CGT et un autre du gouvernement. Car à l'origine, les négociations devaient avoir lieu au sein des entreprises, RATP, SNCF, EDF, GDF, mais sans la tutelle de l'Etat. Une perspective que la CGT, locomotive du mouvement, refusait.
A la demande du Premier ministre, soucieux de "faire cesser la grève au plus vite", Xavier Bertrand, ministre du Travail, a reçu toutes les organisations syndicales mardi soir et mercredi matin. En fin de matinée, il était reçu à l'Elysée pour débriefer ses discussions avec les syndicats avec le Président de la République et le Premier ministre. C'est à la suite de cet entretien qu'une "décision sera prise (...) pour la mise en place d'une méthode pour la négociation" dans ces entreprises, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez.
Selon le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, Nicolas Sarkozy a, au cours de cet entretien, demandé à Xavier Bertrand d'envoyer aux syndicats dans les prochaines heures "une lettre de proposition de méthode" pour trouver "une issue" au conflit. "Le président de la République a considéré qu'il y avait une opportunité pour que l'esprit de responsabilité l'emporte pour trouver une issue au conflit", a déclaré David Martinon.
Grève raccourcie ?
Selon Jean-Louis Malys, délégué CFDT reçu mercredi matin au ministère, "il y a des marges de négociations". La CFTC, FO et l'UNSA ont été reçues mercredi matin au ministère. Le président de la CFTC, Jacques Voisin, a déclaré à l'issue de son entrevue avec le ministre qu'il avait demandé des éléments concrets et notamment financiers : "L'objectif c'est de lisser les conséquences (financières, ndlr) de la réforme sur les retraites", autrement dit "si je travaille plus, je veux gagner plus", a-t-il résumé. (voir la vidéo)
Toutefois, le renvoi des discussions aux entreprises ne règle pas tout d'une baguette magique. La CFDT, qui ne remet pas en cause le socle de la réforme (passage à 40 ans de cotisations, indexation des pensions sur les salaires et non plus sur l'inflation et principe de décote pour ceux qui n'ont pas assez cotisé), demande des aménagements sur le reste. Force Ouvrière déclarait, elle, hier à LCI.fr qu'elle n'était pas contre des réunions par entreprise mais "sans préalable" de l'Etat, autrement dit que tout soit négociable. Et Sud Rail demande toujours "le ratrait de la réforme", ainsi qu'une "négociation globale pour l'amélioration de l'ensemble" des régimes de retraite.
Bernard Thibault a laissé entendre mardi soir que, en fonction de l'attitude du gouvernement, le mouvement de grève pourrait être "raccourci". Plusieurs syndicats des différentes entreprises concernées par les régimes spéciaux ont en effet appelé à des grèves reconductibles.
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