© DRLa grève dans les transports, qui a entraîné de nouveau de fortes perturbations vendredi, se prolonge samedi, la plupart des syndicats et le gouvernement se livrant à un dialogue de sourds. Chez les syndicats eux-mêmes, les lignes divergent. Vendredi, la CFDT cheminots a annoncé qu'elle suspendait son mouvement de grève, précisant qu'elle exigeait "en contrepartie du gouvernement le lancement immédiat de négociations". Le communiqué précise toutefois qu'un nouveau préavis de grève va être déposé pour le 20 décembre, un "préavis conservatoire sera confirmé ou non suivant l'analyse qui sera faite du résultat global du contenu des négociations tripartites", entre l'Etat, les syndicats et les directions d'entreprise. Mercredi déjà, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, avait déclaré avoir les éléments pour "suspendre la grève à la SNCF", après avoir reçu une "lettre de méthode" du ministre du Travail Xavier Bertrand sur les négociations de la réforme des régimes spéciaux.
Un peu plus tard dans la journée, FO-cheminots indiquait que "la jonction" du mouvement de grève à la SNCF avec le mouvement de grève prévu chez les fonctionnaires le 20 novembre "est à l'ordre du jour" de "beaucoup d'assemblées générales" sur les sites SNCF. Vendredi de nombreuses assemblées générales, tant à la SNCF qu'à la RATP, ont déjà reconduit la grève au moins jusqu'à samedi, voir jusqu'à lundi. Une grève jusqu'à mardi prochain n'est donc pas à exclure.
Les négociations après la grève
Mais pour Xavier Bertrand, les négociations ne s'ouvriront qu'une fois la grève terminée. Ce que n'apprécie pas la CFDT RATP, pour qui "négociations et grèves sont conciliables". "Demander de 'déposer les armes' avant d'entamer les discussions ne rassure ni ceux qui refusent la négociation, ni ceux qui y sont favorables", indique le syndicat dans un communiqué. Pour Nicolas Sarkozy en tout cas, le gouvernement ne doit pas lâcher. Au cours d'une rencontre à l'Elysée avec les dirigeants de la SNCF, de la RATP, d'EDF et GDF, le chef de l'Etat a demandé au ministre du Travail Xavier Bertrand de "poursuivre ses efforts" afin de permettre la reprise du travail à la SNCF et à la RATP "dans le respect du principe d'harmonisation" de la réforme des régimes spéciaux de retraite.
Pourtant, dans les rangs des grévistes, la mobilisation décroît. A la SNCF, la baisse est moins spectaculaire qu'entre mercredi et jeudi (-20%), mais elle est tout de même significative de l'effritement du mouvement. 32% des cheminots étaient en grève vendredi à la mi-journée, contre 42% à la même heure jeudi et 62% mercredi. A la RATP, le taux de participation à la grève s'établissait vendredi à 23,3%, contre 27,2% jeudi, selon la direction de l'entreprise, et même 44% mercredi, annonçait la direction. Vendredi soir, la SNCF a en tout cas annoncé qu'elle allait présenter aux organisations syndicales un "document de méthode" dans le cadre d'une négociation sur le régime spécial de retraites, détaillant "le périmètre, les thèmes" et "le calendrier" de cette négociation.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




