Vote des grévistes en assemblée générale, mercredi © LCILa reprise s'amorce à la SNCF, mais ça bloque toujours à la RATP. Huit jours après le début des grèves contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, des discussions se sont engagées mercredi dans les deux entreprises, où des syndicats estiment avoir engrangé des "points" susceptibles de favoriser une sortie de crise. Les centrales syndicales ont fait état d'ouvertures positives, mais s'en remettent toutefois à la base, plus radicale, pour décider d'une éventuelle reconduction de la grève lors des assemblées générales qui vont se tenir tout au long de la journée. "Je ne donne pas de consignes sur les modalités du mouvement de grève. Je considère qu'il y a eu un certain nombre d'avancées, d'annonces. Je demande aux cheminots de prendre connaissance de l'ensemble des éléments", a lancé Didier Le Reste, secrétaire général de la fédération CGT des cheminots.
De leur côté, la CFTC et la CFE-CGC cheminots appellent à la reprise du travail, tandis que l'Unsa cheminots "n'appelle pas à suspendre la grève" mais "s'attend à une très nette reprise du travail" jeudi matin. Une prévision partagée par la direction, qui espère une "reprise significative" du trafic ce matin. Signe que le déblocage est en cours à la SNCF : près d'un cinquantaine d'assemblées générales sur une centaine ont voté la suspension de la grève mercredi.
Vers un nouveau cycle de négociations
"Il y a des premiers points de marqués, il s'agit d'apprécier, il y a un nouveau cycle de négociations qui s'annoncent", a déclaré Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots, majoritaire à la SNCF. Même tonalité du côté de la CFTC, où l'on parle d'"avancées" et où l'on estime que la fin de la grève "peut être envisagée". Selon Bernard Aubin (CTFC), la direction de la SNCF a pris des engagements immédiats sur l'intégration de certaines primes dans le calcul des pensions et l'annulation de la clause couperet (départ obligatoire à 50 ou 55 ans remis en cause). En outre, chaque agent verrait sa pension augmentée de 2,5 % six mois avant son départ en retraite. La grille salariale sera elle refondue au 1er semestre 2008. "Les cheminots, je leur fais confiance, prendront les décisions appropriées à la situation", a dit Didier Le Reste. Seul SUD-Rail, deuxième organisation à la SNCF à quasi-égalité avec l'Unsa, exprime son insatisfaction et réclame toujours l'abandon de la réforme.
A la RATP, si les salariés reprennent les uns après les autres le travail, le trafic reste toujours fortement perturbé, puisque la majorité des grévistes sont des conducteurs de métro. "Les salariés apprécieront. En tout cas, nous, on a fait le maximum", a souligné Gérard Leboeuf, le secrétaire général de la CGT. Son syndicat, de même que FO et l'Unsa, s'en remettent désormais aux votes des assemblées générales. Sud-RATP poursuit le mouvement, "sans grande conviction". Mais le syndicat n'exclut plus de "s'inscrire dans le cadre des négociations à venir, mais la condition sine qua non en sera l'absence constatée de la mobilisation". Rendez-vous est pris lundi à la régie pour le début officiel des négociations sur des mesures d'accompagnement à la réforme.
Quoi qu'il en soit, le gouvernement refuse de transiger sur trois principes : l'allongement de la durée de cotisation à quarante annuités, l'indexation des pensions sur les prix et non plus les salaires, la "décote", qui implique qu'un agent travaillant moins de 40 ans voie sa pension amputée. La semaine dernière, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, avait donné un mois aux acteurs de la réforme pour négocier.
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...





