François Thibaut (CGT), le 1er mai 2007 © Corentin Folhen/ABACAPRESS.COMMots contre mots. Si François Fillon n'est pas "du genre à céder", la CGT affirme de son côté qu'il s'agit déjà d'un "premier recul". A quelques jours du début de la prochaine grève, les attitudes sont importantes et permettent de se jauger. "Il est possible de faire bouger le cadre de la réforme que le gouvernement veut imposer aux régimes spéciaux", comme "en témoigne" la lettre du ministre du Travail Xavier Bertrand transmise mardi aux syndicats, explique la confédération et les fédérations CGT Cheminots, de l'Energie et des Transports dans un communiqué commun mercredi.
Dans cette lettre, "certaines annonces sont de l'ordre du symbolique" comme le "décalage de 6 mois (au 1er juillet, ndlr) du début de l'allongement de la durée de cotisation", poursuit-elle. "Par contre, l'atténuation de l'effet de la décote est a priori plus substantielle : la décote s'annulerait non plus au bout de 5 ans au-delà de l'âge pivot, mais dès 2 ans et demi après cet âge pivot", souligne la CGT. Substantielle mais pas suffisante : "Nous sommes loin du compte", affirme la CGT, refusant "d'accepter de travailler plus longtemps pour gagner moins à la retraite".
La grève toujours à l'ordre du jour
L'appel à la grève reconductible dès le 13 novembre au soir est donc toujours à l'ordre du jour. Parmi les "questions essentielles (qui) demeurent en suspens", la CGT estime que "la prise en compte de la pénibilité ne suffit pas" et ne règle pas le problème "de la suspension des bonifications qui pénalisent les jeunes embauchés". Elle demande la "prise en compte des primes et rémunérations complémentaires dans la base de calcul des pensions" et le "maintien de l'indexation des retraites sur les salaires". Le communiqué de la CGT ne spécifie pas, en revanche, qu'elle refuse l'allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités.
Du côté de la CFDT, Jean-Louis Malys, chargé des retraites, estime que la proposition de Xavier Bertrand sur la décote est une "avancée", mais il ajoute que la réforme des régimes spéciaux comportait encore du "flou". "Sur les polypensionnés (salariés dépendant de plusieurs régimes de retraites), il n'y pas de réponse, sur la pénibilité c'est trop flou, sur l'intégration des primes dans le calcul des pensions, il n'y a rien de concret", a expliqué Jean-Louis Malys, ajoutant que la confédération CFDT ne donnerait "pas de consigne" à ses fédérations professionnelles quant à l'opportunité ou non de participer à la grève du 14 novembre appelée à la SNCF et dans l'Energie. "Mais nous serons avec celles qui entreront dans l'action", a-t-il assuré.
| Appel à la grève confirmé à EDF et GDF pour la CGT et FO |
La CGT et Force ouvrière, les deux principaux syndicats d'EDF et de GDF, appellent à la grève le 14 novembre contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, a annoncé mercredi Maurice Marion, dirigeant de la CGT. Les trois autres syndicats - CFE-CGC, CFTC et CFDT - réservent leur réponse dans l'attente d'une réunion avec les directions des deux sociétés prévue jeudi, a-t-il ajouté. |
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