Nicolas Sarkozy face aux pêcheurs du Guilvinec, le 6 novembre 2007 © LCI| Le face à face musclé entre Sarkozy et les pêcheurs |
Nicolas Sarkozy a été chahuté dès son arrivée mardi matin au Guilvinec, dans le Finistère, par les pêcheurs qui réclament de l'Etat des mesures face à l'envolée des prix du gazole. A peine avait-il posé le pied en Bretagne pour une visite éclair que des pêcheurs ont crié : "ça fait cinq ans qu'on crève la dalle". Le chef de l'Etat a retorqué : "Je vais voir vos répresentants. On va essayer de trouver des solutions. Je veux vous aider. Vous jugerez après." Avant l'arrivée du chef de l'Etat, le porte-parole du comité de crise avait pourtant lancé un appel au calme, en demandant "un peu de discipline de gentillesse et de compréhension" le temps de la réunion.
Mais le désespoir de certains était trop fort. "Du concret, du concret !", ont scandé des pêcheurs manifestants. Nicolas Sarkozy a fait face aux multiples invectives, malgré les appels au calme des représentats des pêcheurs. Il a notamment répondu à l'un des manifestants : "Toi, si tu as quelque chose à dire, tu as qu'à venir ici !", ou lançant énervé à un autre qui l'insultait : "toi, tu n'as qu'à descendre !". "Je n'accepte pas les insultes des pêcheurs à mon endroit. Je vais annoncer des nouvelles", a-t-il ajouté. "Si je viens, on me le reproche, si je ne viens pas, on me le reproche aussi. Moi je viens", a-t-il poursuivi. "Je ne laisserai pas mourir la pêche française, je vais annoncer des choses fortes", a-t-il déclaré.
Le pont de Normadie passe au gratuit
Le calme revenu, la réunion installée, le chef de l'Etat a pu dévoiler les premières mesures destinées à venir en aide aux pêcheurs. Il a notamment proposé l'exonération totale des cotisations patronales et salariales pour les marins-pêcheurs pour une durée de six mois renouvelable. Le coût de cette mesure est évalué à 21 millions d'euros par trimestre. Il a également annoncé le lancement d'une réflexion de trois mois avec Michel Barnier sur un système de réintégration du coût du gazole dans le prix du poisson. Le président a ensuite annoncé un "plan de sauvegarde" pour moderniser les moteurs des bateaux de pêche, "afin de réduire leur consommation en gazole".
Malgré cette visite et ces annonces, les marins-pêcheurs de plusieurs ports français réunis au Guilvinec ont décidé de poursuivre leur mouvement de grève, dans l'attente des résultats de la réunion avec le ministre de l'Agriculture et de la Pêche mercredi. Au cours d'une assemblée générale qui a rassemblé quelque 500 pêcheurs, les grévistes ont indiqué vouloir se prononcer à partir d'un document écrit qui devrait être établi après la réunion de travail mercredi entre les représentants des pêcheurs et Michel Barnier à Paris. "On peut se diriger vers une sortie de crise", avait pourtant indiqué Philippe Le Moigne, porte-parole du comité de crise. "On n'a pas été déçus, c'est pile poil ce qu'on demandait", avait-t-il ajouté en commentant les propositions faites dans la matinée par le président de la République.
Dans le même temps mardi matin, plusieurs opérations escargots ont eu lieu dans le Morbihan et le Calvados. Une centaine de pêcheurs et une quarantaine de véhicules a occasionné des bouchons allant jusqu'à 10 km dans le sens Vannes et Lorient. Les pêcheurs se sont ensuite regroupés au centre ville de Lorient, avant de partir au Guilvinec. La circulation a également été perturbée entre Caen et Ouistreham. Le port de plaisance de Quiberon était également bloqué ce matin, mais les liaisons vers Belle-Ile-en-Mer n'étaient pas stoppées, ont précisé les gendarmes. Un barrage filtrant était aussi en cours sur la presqu'île de Quiberon et des marins-pêcheurs manifestaient sur le pont de Normandie, en laissant passer gratuitement les véhicules.
D'après agence
| Prix du carburant : les routiers aussi... |
Le Fédération nationale des transports routiers (FNTR) considère que ce secteur est "entré dans une zone à risques" avec la hausse du prix du pétrole, conjuguée à des facteurs comme la mise en place d'une écotaxe sur les poids lourds ou les disparités fiscales européennes. Rappelant que dans le prix du gazole, "l'essentiel est constitué par de la fiscalité", la FNTR réclame "une harmonisation fiscale au niveau européen". |
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