Nicolas Sarkozy lors de son discours au Parlement européen à Strasbourg (13 novembre 2007) © TF1/LCIA quelques heures du début d'un mouvement social qui s'annonce dur, la déclaration de Nicolas Sarkozy, ce mardi devant le Parlement européen, sonne comme une mise en garde : "J'ai engagé une politique de réformes. Ces réformes, il n'est pas de l'intérêt de l'Europe qu'elles échouent parce que c'est grâce à ces réformes que la France assainira ses finances publiques et que la France respectera ses engagements. Ces réformes, les Français les ont approuvées. Je leur ai tout dit avant les élections. C'est pour cela que je mènerai ces réformes jusqu'au bout", a-t-il déclaré aux députés européens. David Martinon, le porte-parole de l'Elysée, a par ailleurs annoncé que le chef de l'Etat recevra en fin d'après-midi les dirigeants de la SNCF, de la RATP, d'EDF et de GDF pour faire le point à la veille d'une nouvelle journée de grèves.
François Fillon, qui doit s'exprimer mardi soir sur TF1, a lui assuré que le gouvernement "ne transigera pas sur les principes" de la réforme des régimes spéciaux de retraite mais laissera "la porte du dialogue en permanence ouverte". L'exécutif campe ainsi sur ses positions, perçues comme un test de sa volonté de réforme. Déjà, lundi à Berlin, le président Sarkozy avait réaffirmé pour la énième fois sa détermination à faire aboutir des mesures qui "ne sont pas des réformes de gauche ou de droite (mais) des réformes de bon sens que tous les autres pays qui réussissent ont mis en oeuvre". Nicolas Sarkozy soutient toutefois que "la porte du dialogue reste ouverte", sur des thèmes détaillés mardi par le ministre du Travail Xavier Bertrand : "les salaires, l'emploi, la pénibilité, la spécificité des métiers, les fins de carrière".
"Revenir sur la réforme n'est pas pensable"
Indice de ce possible dialogue? L'agenda du chef de l'Etat est inhabituellement peu chargé pour la fin de semaine. De son côté, Xavier Bertrand doit recevoir in extremis, à 16h15, une délégation de la CGT conduite par son secrétaire général Bernard Thibault. Mais le ministre a prévenu que seules les entreprises négocieraient désormais. Selon lui, après d'ultimes modifications la semaine dernière, toute nouvelle concession du gouvernement serait "revenir sur la réforme" et "cela n'est pas pensable".
Mais pour François Hollande, Nicolas Sarkozy cherche clairement l'épreuve de force. "Le gouvernement et le président de la République auraient pu, pendant les trois semaines qui viennent de s'écouler, trouver les occasions de compromis, de dialogue et de solution", a-t-il déclaré mardi à la presse. "Il veut faire plier les syndicats, il veut monter les salariés les uns contre les autres et obtenir une espèce de victoire symbolique pour montrer à son électorat qu'il a tenu bon". "Soyons sérieux, qui pourrait rechercher aujourd'hui une épreuve de force, sachant qu'un conflit, c'est avant tout la galère pour des millions d'usagers", a répondu le ministre du Travail sur Europe 1.
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