"Le spectre de 1995" plane sur les grèves de novembre

le 02 novembre 2007 à 08h31 , mis à jour le 02 novembre 2007 à 11h51

Les éditorialistes de la presse française estiment que Nicolas Sarkozy joue sur ce dossier sa crédibilité quant à sa capacité à réformer la France.

grève RER metro parisLe quai d'une ligne de RER pendant les grèves © TF1/LCI

Les éditorialistes de la presse française reviennent vendredi sur les grèves prévues les 13 et 14 novembre prochains, agitant "le spectre de l'hiver 1995" et estimant que Nicolas Sarkozy joue sur ce dossier sa crédibilité quant à sa capacité à réformer la France. Pour Yves Thréard dans Le Figaro, il ne fait aucun doute que "le spectre de l'hiver 1995 hante les esprits". Mais si "les syndicats regimbent" devant les réformes et "les derniers tenants des vieilles théories de gauche continuent la lutte", l'éditorialiste enjoint les Français à ne "pas tomber dans le piège de ce climat maussade entretenu à dessein". Il exhorte le président Sarkozy et le gouvernement, "en baisse logique dans les sondages", à "maintenir le cap des réformes".
 
Pierre Laurent, dans L'Humanité, déplore quant à lui que "Nicolas Sarkozy semble vouloir pousser la France dans un bras de fer, parce qu'il pense avoir gagné la bataille de l'opinion en mai". Mais, selon l'éditorialiste du quotidien communiste la situation est "plus ouverte". "L'issue de la bataille présidentielle n'a pas décidé du sort que l'avenir réserve à la guerre que le pouvoir sarkozyste a désormais engagée contre le monde du travail", affirme-t-il.
  
Sarkozy "sur la corde raide"
 
La Croix, sous la plume de Dominique Gerbaud, n'écarte pas que le conflit puisse s'installer dans la durée. "Le conflit pourrait être moins massif qu'en 1995 mais tout aussi long et aussi fâcheux pour les Français", écrit-il. Il observe que "c'est la base et souvent les plus jeunes, très déterminés, qui font pression sur les dirigeants syndicaux plus 'raisonnables' " et conclut: "Ils peuvent tenir longtemps." Alexandre Morel, dans La Montagne, est persuadé que "l'exécutif est déterminé à ne rien céder sur la réforme des régimes spéciaux", conscient que ce dossier "constituera un test de sa capacité à réformer".
 
Un avis que partage Michel Richard, dans le Midi Libre, en affirmant : "il va de soi que Nicolas Sarkozy ne cédera pas sur ce dossier des régimes spéciaux. Tout simplement parce qu'il ne peut pas céder sans se déjuger, sans se renier, sans mettre à bas sa crédibilité présidentielle". Pour Pierre Taribo, de l'Est Républicain, Nicolas Sarkozy est désormais "sur la corde raide". Pour lui, "nous assistons au remake d'un mauvais film où le corporatisme et le refus du changement font que la France s'accroche obstinément à un monde dépassé".

(D'après agence)

le 02 novembre 2007 à 08:31
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