Image d'archive| L'état des négociations, vu par l'Unsa-Cheminots |
Le mouvement se poursuit sur les rails ; il pourrait continuer au moins jusqu'à la semaine prochaine. Et le dialogue interrompu entre syndicats, entreprises et gouvernement, a entraîné de premières tensions autour de certains piquets de grève. Jeudi déjà, la direction de la SNCF avait relevé une série d'actes de "sabotage" (cailloux dans des aiguillages), notamment à Lille, Metz et Sète. Et ce vendredi, l'entreprise ferroviaire et deux syndicats de cheminots (CFDT, CGT) ont dénoncé des actes de "vandalisme". Le directeur général exécutif de la SNCF, Guillaume Pépy, a notamment condamné l'attitude "inacceptable" de "grévistes incontrôlés", qui selon lui, ont "empêché des trains de circuler" sur les voies SNCF en gare de Paris-Saint-Lazare. La SNCF a d'ailleurs annoncé vendredi son intention de déposer plainte pour "manipulation de produits explosifs et inflammables" après que des cheminots grévistes ont allumé des torches de sécurité dans l'enceinte de la gare Saint-Jean de Bordeaux.
Par ailleurs, sur la ligne du RER C, selon le témoignage d'un voyageur recueilli par l'AFP, le train "de 7h15, au départ de la gare de Dourdan (Essonne) a été bloqué plus de trente minutes par un piquet de grévistes" vendredi matin. "Ils ont fait éclater des pétards et ont allumé des fumigènes, ce qui a déclenché le système d'alerte et a eu pour effet de stopper net le train plein de passagers à cette heure de pointe", a déclaré Joël Cloarec. Dans un communiqué, la CFDT-cheminots a "condamné de la plus vive des façons" les actes de "vandalisme" qui se sont produits sur le réseau national de la SNCF et "qui mettent en danger la sécurité" des voyageurs.
Bris de vitres et pétards sur les voies
Pour Edgar Stemer, secrétaire général adjoint du syndicat, "des trains ont été stoppés sur le réseau Saint-Lazare et sur celui de la partie Nord de Paris ainsi que sur la grande ligne entre Lille et Paris. Des signaux ont été fermés et des systèmes de sécurité actionnés manuellement", a-t-il précisé. Selon lui, "ce ne sont certes pas des actes de sabotage, mais cela provoque des arrêts de train en pleine voie qui peuvent mettre en danger les passagers".
La CGT-cheminots a dénoncé des dégradations commises dans la gare SNCF de Gap (Hautes-Alpes) dans la nuit de jeudi à vendredi, par des "vandales" qui ont "brisé des vitres et détérioré des distributeurs de billets automatiques". Pour la CGT, "cela ressemble à une tentative de provocation contre un mouvement de grève démocratique, qui s'effectue sans violence". "Le droit de grève est un droit constitutionnellement reconnu, c'est vrai", a souligné pour sa part le ministre du Travail, Xavier Bertrand, sur RTL, mais "il ne peut pas y avoir pas de piquets de grève, pas d'exactions comme celles qui ont pu être commises parce qu'il faut respecter aussi le travail de ceux qui veulent travailler", a-t-il ajouté.
De son côté, Dominique Malvaud, délégué Sud Rail, a nié que des militants de ce syndicat de cheminots aient participé à des "actions commando" ou "agressé" des conducteurs non grévistes, dénonçant un "tissu de bêtises et de fausses informations". "Nous bloquons les départs sur les voies de service des trains, c'est à dire que les usagers, les gens qui sont dans les trains ne sont pas touchés. Nous bloquons seulement les départs des trains, ce ne sont pas des actions commando", a-t-il estimé sur RTL.
D'après agence
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