UIMM : Gautier-Sauvagnac entendu à la brigade financière

le 27 novembre 2007 à 09h43 , mis à jour le 27 novembre 2007 à 16h18

Les policiers de la brigade financière cherchent notamment à connaître la destination de 17 des 22 millions d'euros retirés des caisses. La piste d'un financement syndical - démenti par ces organisations - serait privilégiée.

Denis Gautier-Sauvagnac UIMM Denis Gautier-Sauvagnac, président démissionnaire de l'UIMM © TF1-LCI

Sa garde à vue pourrait durer deux jours. Denis Gautier-Sauvagnac, président démissionnaire de l'UIMM (patronat de la métallurgie), est arrivé mardi après-midi à la brigade financière de Paris dans le cadre de l'enquête sur des retraits en liquide suspects des caisses de l'UIMM.
 
L'enquête a montré que des prélèvements d'espèces d'un montant de 22 millions d'euros avaient été opérés entre 2000 et 2007 sur les comptes de l'organisation patronale. Ces fonds provenaient d'une caisse de secours mutuel, l'Epim, créée en 1972 et destinée à soutenir les entreprises adhérentes ayant subi des préjudices lors de conflits sociaux. Les fonds non-utilisés de cette caisse sont aujourd'hui valorisés à environ 600 millions d'euros, selon l'UIMM.
 
3 millions versées à des salariés
 
Denis Gautier-Sauvagnac, dit "DGS", a reconnu avoir effectué ces dernières années des retraits en liquide dans cette caisse de l'ordre de "2 millions d'euros par an" depuis sa prise de fonction en 2000, en précisant que le système existait avant lui.
 
Les policiers de la brigade financière cherchent à connaître la destination de 17 de ces 22 millions d'euros retirés -  2 millions ont été saisis dans les coffres de l'UIMM et 3 millions versés à des salariés - et à savoir si elle peut être ou non constitutive d'un abus de confiance, relever de la corruption ou du financement de partis politiques.
 
La piste d'un financement politique a été formellement démentie par Denis Gautier-Sauvagnac. Parmi les autres pistes envisagées par les enquêteurs, celle d'un financement syndical - démentie par ces organisations - semble pour l'heure privilégiée, selon des sources concordantes.
 
Une pratique ancienne
 
Le président démissionnaire de l'UIMM a lui même indiqué que ces retraits en liquide avaient contribué principalement "au financement de différents organismes qui font partie de notre vie sociale". Son prédécesseur, Daniel Dewavrin, a expliqué qu'il s'agissait de "fluidifier les relations sociales".
 
L'UIMM, comme les syndicats de salariés, relève de la loi Waldeck-Rousseau de 1884 qui la dispense de publier ses comptes. Devant les policiers, Denis Gautier-Sauvagnac pourrait se prévaloir de cette loi pour refuser de s'expliquer sur la destination des fonds, selon une source proche de l'organisation patronale.
 
L'hypothèse d'un enrichissement personnel de DGS a été écartée par les enquêteurs de Tracfin et semble ne pas être privilégiée par les policiers. Pour l'heure, Denis Gautier-Sauvagnac a reconnu qu'une partie des retraits en liquide, estimée par le parquet à trois millions d'euros, a servi à verser à des collaborateurs "un complément de rémunération correspondant à des primes de cabinet". Une pratique ancienne à laquelle il dit avoir mis fin en décembre 2006 mais pour laquelle il pourrait être poursuivi, selon une source judiciaire.
 

(D'après AFP)

le 27 novembre 2007 à 09:43
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6 Commentaires

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  • Degout, le 27/11/2007 à 13h22

    Des primes en liquides qui ne figureront pas dans les comptes. Bravo les patrons et apres ils demanderont des exonerations d'impots !!! Que bien sur Mr 170% leur accorde volontiers ...

  • J2M, le 27/11/2007 à 12h55

    Je crois rêver quand je lis les sommes en jeu...! qui se balladent de poches en poches, comme si c'était normal! Le gouvernement serait bien inspiré de remettre de l'ordre dans les régles de fonctionnement de tous ces organismes et autres syndicats qui brassent des millions. Il serait temps qu'ils soient obligés à publier leur compte! ça serait le minimum, non? Et dire qu'a coté de ça on nous pompe sans cesse le portefeuille pour remplir des caisses vides, je pense qu'il y a la de quoi ré-équilibré un peu la balance avec certains excédents... Décidemment la clareté dans les affaires de nos dirigeants et autres institutions (parties politiques, syndicats, etc...) ne semble pas pour demain...!

  • Candide niort, le 27/11/2007 à 11h07

    Ca risque d'être compliqué car ces "gens" là font dans le génie,tout dans la tête ,pas de comptabilité ,pas de trace et ma main gauche ignore ce que fait ma main droite ......

  • Tschumperlé, le 27/11/2007 à 10h35

    Nul n'ose imaginer que l'UIMM ne tienne pas une comptabilité en bonne et due forme, qui va permettre à son Président d'expliquer la provenance et l'usage de tous les fonds. Les policiers et magistrats vont tout savoir.

  • Guerin, le 27/11/2007 à 10h34

    Avant de taxer les contribuables avec des mesures négatives à la base, l'état devrait voir déja les abus constatés par ces hauts personnages. Bien sur ils seront mis en examen, au résultat, de la prison avec sursis et une amende qui ne va pas les géner par apport aux malversations, et nous petit contribuables, nous avons des redressement fiscaux et eux jamais.

  • Bruno, le 27/11/2007 à 10h07

    On va encore nous bassiner avec les pratiques ancienens, que tout le mond efaisais cela et nannani et nananere pour encor eplus instaurer une justice a deux vitesses... Celle des notables et des elus qui s'excusent tout et celle du peuple qui en prend plien la tronche !!! Ca va finir par se remarquer, je reste confiant!

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