
L'effritement du front syndical se fait chaque jour un peu plus perceptible et à la SNCF, seuls deux syndicats ont lancé un appel à la grève pour jeudi prochain : la CGT, première formation parmi les cheminots, et la CFE-CGC, qui représente 0,62% des voix. Jeudi, au moins quatre fédérations disaient avoir arrêté le principe d'une grève la semaine prochaine, mais entretemps, une réunion de l'intersyndicale prévue vendredi a été reportée, et l'ensemble des syndicats de l'entreprise ferroviaire n'ont pu finalement se mettre d'accord sur la forme du mouvement et une date. En revanche, la CFTC-cheminots appelle préventivement à une grève reconductible à partir du lundi 17 décembre à 20 heures, veille de la fin des négociations sur la réforme du régime spécial de retraite des agents. "C'est la position qu'a adoptée notre conseil fédéral réuni vendredi, mais le préavis de grève n'est pas encore déposé", a déclaré Roger Dillenseger, secrétaire général adjoint de la CFTC-cheminots (5e syndicat à la SNCF avec 8,14% des voix).
La CGT, partisane d'un nouveau mouvement de 24 heures dès cette semaine afin de peser sur les négociations sur la réforme de leur régime spécial de retraite, n'a donc pu entraîner les autres syndicats majoritaires, partagés sur l'utilité d'une grève d'une journée alors que les cheminots ont déjà sacrifié lors de la dernière action plusieurs centaines d'euros de leur salaire. Mais elle a décidé de passer outre : "On prend nos responsabilités, on ne peut pas repousser un mouvement", a déclaré samedi Laurent Russeil, secrétaire général adjoint de la CGT-cheminots, tout en confirmant la fissure syndicale : selon lui, "il n'y a plus de réunion commune" des syndicats prévue. Pour Gérard Blanc, président de la CFE-CGC des cheminots, "entre ceux qui voulaient une grève reconductible (comme FO et Sud Rail, ndlr) et ceux qui voulaient une grève plus tard (comme la CFDT), nous avons choisi de peser dès maintenant sur les négociations qui doivent se terminer le 18 décembre".
"La CGT n'a pas créé l'unité syndicale"
A la RATP, même éclatement syndical : c'est finalement seule que la CGT, premier syndicat, appelle à la grève mercredi prochain, la plupart des autres syndicats jugeant cet appel "prématuré". Dans un communiqué, FO a dit attendre "l'issue des réunions tripartites pour informer les salariés des résultats concrets de ces discussions", et il "semble prématuré" au syndicat "de tirer des conclusions tant que les propositions du gouvernement et de l'entreprise n'ont pas été intégralement débattues". Pour la CFDT, "la CGT n'a pas créé l'unité syndicale" dans son appel et "on n'exclut pas de remobiliser le personnel", mais une fois la synthèse des négociations connue, a déclaré son secrétaire général, Jean-Louis Mousset.
Pour la CFTC, "les différents points obtenus" depuis le début des négociations "sont de nature à nous rassurer". "La position ambiguë et versatile de certains syndicats de la RATP reste la plus grande crainte de la CFTC", indique le syndicat dans un communiqué. De son côté, le syndicat des Indépendants "va attendre la fin des négociations", fixée à mardi, pour faire le point, a déclaré Olivier Le Van. Sud et Unsa ayant déjà fait connaître leur non-participation à la journée de grève de mercredi, et la CFE-CGC ayant quitté le front syndical dès avant la longue grève de novembre, c'est donc la CGT seule (38,25% des voix aux dernières élections professionnelles) qui appelle à la grève mercredi.
D'après agence
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