
"Les négociations avancent, le compte n'y est toujours pas, agissons !" La CGT-RATP, insatisfaite de l'avancée des négociations sur le régime spécial de retraite des agents, a annoncé jeudi déposer un préavis de grève pour le mercredi 12 décembre, lendemain de la dernière séance de discussions prévue avec la direction et des représentants de l'Etat. Le premier syndicat de la Régie dit "rester disponible pour oeuvrer encore à l'unité" avec les autres syndicats, à qui il propose aussi cette date de mobilisation.
"Nous avons pris nos responsabilités et sommes entrés dans les négociations. Mais les salariés sont mécontents du niveau de réponse de la direction et de l'Etat", a expliqué la CGT-RATP. Le syndicat espère encore des avancées mardi 11 décembre, date d'une réunion de négociations présentée comme conclusive, ce qui "pourrait permettre que l'appel à la grève soit suspendu".
SNCF et ministre "stupéfaits" par ces appels
A la SNCF, la CGT-cheminots a de son côté indiqué jeudi, au sortir d'une réunion avec 5 autres syndicats, que le "principe" d'une nouvelle grève de 24 heures à la SNCF "pour peser sur les négociations" concernant la réforme du régime spécial de retraite était "acquis", sans date fixée. Les "avancées" de la direction de la SNCF sont "significatives", selon la CFDT, mais "nous demandons des réponses claires et un effort de la part du gouvernement". "Les braises (du conflit) sont encore chaudes et le feu peut repartir", a averti son représentant. Sud-Rail, 2e syndicat à la SNCF, dont une délégation était venue jeudi matin à la réunion intersyndicale, s'est dite "exclue" du rendez-vous dès son commencement (lire encadré ci-dessous).
La SNCF a dit apprendre "avec stupéfaction" cette intention. Une nouvelle grève, "dépourvue d'objet(...) en plein cœur d'un processus de négociation", "serait d'autant plus incompréhensible" que "la plupart des syndicats" ont qualifié les dernières propositions de la direction de "non négligeables" et que de nouvelles tables rondes sont programmées. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a à son tour jugé que ces grèves seraient "complètement incompréhensibles", lors d'entretiens jeudi entre le gouvernement et des leaders syndicaux. "On n'a pas besoin de ça pour faire avancer les négociations d'entreprise", a-t-il lancé, alors que le processus de négociation "avance bien". "Même les syndicats ont constaté que réunion après réunion, il y avait des avancées", a-t-il souligné. "Est-ce qu'il y a une raison objective pour avoir une nouvelle journée de conflit ? La réponse est claire, c'est non", a-t-il conclu.
Une autre grève, chez Air France cette fois, est prévue le 20 décembre. Elle concerne Orly, Roissy et des aéroports de province. La grève des agents de l'énergie pour les salaires et les retraites a mobilisé jeudi 20,1% des salariés à EDF, a indiqué la direction en fin de journée.
| SNCF : Sud-Rail "exclu" d'une réunion intersyndicale |
Sud-Rail, 2e syndicat à la SNCF, dont une délégation était venue jeudi matin à une réunion intersyndicale destinée à faire le point sur les négociations sur la réforme du régime spécial de retraite des cheminots, s'est dite "exclue" du rendez-vous. "Dès le début, la CGT nous a demandé de quitter la salle, les autres syndicats ont acquiescé. Les préavis (d'arrêt de travail) que nous avons déposés mercredi et ce jeudi pour rendre compte des négociations auprès des agents les gênent", a affirmé le secrétaire fédéral Sud-Rail. "Pour nous, le bilan des négociations est totalement négatif et nous venions pour voir ce qu'il était possible de faire le plus unitairement possible", a-t-il ajouté. Sud-Rail est favorable au "respect des assemblées générales et de la démocratie", et penche pour "un nouveau mouvement reconductible". Dans l'après-midi, le syndicat a prévu de consulter ses représentants régionaux, en tenant compte toutefois de ce qui sortira de la réunion des autres syndicats. |
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