Temps de travail : les syndicats s'insurgent contre le méthode

Par D.H. (avec agence), le 28 décembre 2007 à 16h24 , mis à jour le 28 décembre 2007 à 16h33

Ils dénoncent la volonté du gouvernement de remplacer la durée légale du travail par des accords de branche ou d'entreprise.

femme bureau travail ordinateur égalité boulot © TF1-LCI

Force Ouvrière, Sud et la CGT ont dénoncé vendredi dans des déclarations distinctes la "volonté hypocrite" et "intenable" du gouvernement de remettre en cause la durée légale du travail, craignant une "régression sociale majeure". Ces réactions font suite à un document d'orientation du Premier ministre à destination des organisations patronales et syndicales rendu public jeudi. 

François Fillon les invite à définir les conditions dans lesquelles un accord d'entreprise pourrait "librement déterminer les règles applicables en matière de durée du travail". Les partenaires sociaux ont jusqu'au 31 mars pour négocier, avant que le gouvernement ne légifère.

"On fait semblant de nous consulter et après on passe en force"

"Il y a une volonté sans le dire et un peu hypocrite de vouloir remettre en cause la durée légale en tant que telle et ce n'est pas acceptable", a notamment réagi vendredi sur France Inter le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. "Nous ne pouvons pas accepter que la durée du travail puisse être différente d'une entreprise à une autre, voire d'un salarié à un autre", a-t-il ajouté. Le Premier ministre "sait très bien que sur ces questions-là, la négociation ne pourra pas fonctionner. Donc d'une certaine manière, on fait semblant de nous consulter et après on passe en force", s'est-il ému. 
 
Pour le CGTiste Bernard Thibault, c'est "la reprise quasi in extenso de la revendication du Medef" par le gouvernement (dans Libération). Et pour l'Union syndicale Solidaires (syndicats Sud) également, le gouvernement est "au service du Medef". Sud invite à "créer rapidement les conditions d'un mouvement d'ensemble des salariés du privé et du public" et fait remarquer qu'une éventuelle remise en cause de la durée légale du travail "aurait pour conséquence de vider de tout contenu la récente loi sur les heures supplémentaires puisqu'elle aboutirait à ne plus considérer les heures travaillées au-delà de 35 heures comme des heures supplémentaires qui ne seraient donc plus défiscalisées".

Par D.H. (avec agence) le 28 décembre 2007 à 16:24
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