La négociation sur le contrat de travail entre syndicats et patronat le 10 janvier 2008 © TF1/LCIEt de trois ! L'annonce de la signature de la CFE-CGC a du procurer un plaisir tout particulier au gouvernement. Après les signatures de FO et de la CFTC promises lundi, cette annonce est d'importance. Elle réunit en effet une majorité de syndicats autour du projet d'accord sur la "modernisation du marché du travail" après quatre mois de négociations.
"Nous avons trouvé plus de points positifs que de points négatifs. Grâce au travail fait dans une grande cohésion syndicale, nous sommes parvenus à un texte équilibré qui a considérablement évolué par rapport au texte proposé par le patronat", a déclaré Bernard Van Craeynest, le président de la confédération des cadres CFE-CGC, pour expliquer cette annonce.
Le texte peut désormais, grâce à cette majorité de syndicats, être repris dans la loi. François Fillon, dans ses voeux à la presse, a annoncé que ce serait le cas avant l'été. Pour le Premier ministre, l'annonce de la signature de l'accord sur le travail par les syndicats valide sa "stratégie de modernisation du dialogue social". Le PS "prend acte" de la décision de la majorité des centrales syndicales de signer le projet d'accord que la LCR et LO ont fustigé.
La réaction de François Fillon : "Une décision capitale" |
Le ministre du Travail Xavier Bertrand a déjà annoncé à l'Assemblée nationale qu'il recevrait "dès la semaine prochaine" patronat et syndicats pour préparer la suite , considérant que "personne n'aura envie de casser l'équilibre de cet accord".
"Pas bon, pas mauvais"
"C'est un accord acceptable", avait tranché de son côté lundi le président de la CFTC Jacques Voisin. Son syndicat va donc également signer le projet d'accord. Un peu plus tard, c'est Force Ouvrière qui par la voix de son secrétaire général Jean-Claude Mailly avait annoncé qu'il avait décidé de signer le projet d'accord. Invité du journal de l'Economie sur LCI lundi soir, Jacques Voisin a estimé que le texte "renforçait la sécurité des salariés" (voir la vidéo).
"Ce n'est pas un bon accord mais ce n'est pas un mauvais accord puisqu'on le signe. Tout reste à faire", avait tempéré Jacques Voisin. Selon lui, il s'agit de "la première étape dans la sécurisation des parcours professionnels", une étape qui permet des "avancées pour les droits des salariés".
"Flexisécurité à la française"
Du côte des autres syndicats, la CFDT fera connaître sa position jeudi mais a laissé entendre qu'elle le signerait et la CGT a d'ores et déjà dit qu'elle allait le rejeter.
Cet accord permet, selon le Medef, d'instaurer une "flexisécurité à la française". Le gouvernement a indiqué qu'il reprendrait sous forme de projet de loi l'accord s'il était signé. Dans le cas contraire, il déciderait du contenu du projet.
Le texte instaure notamment une rupture "à l'amiable" du CDI, une période d'essai plus longue, la création d'un CDD "à terme incertain" et permet au salarié de conserver certains de ses droits (couverture prévoyance-santé et formation) quand il quitte l'entreprise (Voir notre article). Il augmente aussi le montant de certaines indemnités de licenciement et crée une prime pour une partie des jeunes demandeurs d'emploi.
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