© TF1-LCINicolas Sarkozy avait promis, lors d'une visite début novembre au Guilvinec, de venir en aide au secteur en difficulté de la pêche. Chose promise, chose due : sur trois ans, le total des aides devrait atteindre 310 millions d'euros. Ce plan de soutien aux marins-pêcheurs, dont l'activité est menacée notamment par la flambée des cours du gazole, a été annoncé mercredi par le ministre de l'Agriculture et de la Pêche. "Comme il s'y était engagé, le président de la République (...) a décidé d'un plan pour une pêche durable et responsable. Ce plan est sans précédent", a souligné Michel Barnier à l'issue d'une rencontre avec Nicolas Sarkozy et les représentants des pêcheurs. "Ce plan vise à permettre aux bateaux de retrouver leur viabilité (...) il comporte des mesures sociales sur l'attractivité du métier de marin-pêcheur, des mesures de sécurité, nous parlons là du métier le plus dangereux de tous les métiers en France", a-t-il poursuivi.
L'essentiel du financement proviendra d'une taxe de 2% prélevée sur la vente des poissons dans la grande distribution, une mesure votée par le Parlement le 20 décembre dernier. Cette taxe devrait rapporter 80 millions par an soit un total de 240 millions. Le complément viendra du budget français et du fonds européen de la Pêche. Les 2500 petites poissonneries sont exclues du paiement de cette taxe qui ne concerne pas les huîtres et les moules.
Moderniser les bateaux, renforcer la sécurité, rajeunir la profession
La mesure la plus importante, pour 235 millions, contribuera à la modernisation des bateaux, notamment pour réduire la consommation de gazole, et l'envoi à la casse des navires les plus vétustes. Le nombre de bateaux qui seront ainsi détruits n'est pas connu puisque les destructions s'effectuent sur une base volontaire. Pour accompagner cette mesure, qui profite aux propriétaires des bateaux, des mesures sociales, notamment des aides à la reconversion, seront systématiquement attribuées aux membres des équipages. De plus, en raison des fermetures de plus en plus fréquentes des périodes de pêche, 20 millions sont prévus pour dédommager les marins pendant le temps passé alors à terre.
Pour rajeunir la profession, un mécanisme de réduction des intérêts d'emprunts pour les jeunes patrons qui s'installent, comme pour les jeunes agriculteurs, sera mis en place avec un coût de 15 millions. Un effort important (20 millions) est accordé pour renforcer la sécurité des hommes dans un métier particulièrement dangereux : un marin sur mille meurt au travail.
Reste l'inconnue de l'évolution future du cours du gazole. Les pêcheurs professionnels, qui ne paient pas de taxes sur le gazole, déboursent actuellement environ 60 centimes par litre, contre seulement 25 en 2003, mais estiment que le seuil de rentabilité d'un bateau n'est atteint qu'avec un gazole inférieur à 0,30 euro le litre, selon le Comité national des Pêches.
D'après agence
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