Grève historique des caissières vendredi ?

Par , le 31 janvier 2008 à 17h07 , mis à jour le 01 février 2008 à 11h10

Trois syndicats appellent à une journée d'action dans la grande distribution pour protester contre les conditions de salaire et d'emploi d'un secteur. Ils le disent de "plus en plus sinistré".

Une caisse de supermarchéUne caisse de supermarché © TF1/LCI

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Pourquoi
la grève

Acheter du lait ou des œufs pour les fameuses crêpes du dimanche va s'avérer coton, trouver un pack de bières pour la soirée de samedi ardu, comme risque de l'être l'achat de la pizza surgelé. Le bon fonctionnement des supermarchés et hypermarchés va être perturbé vendredi suite à l'appel à la grève lancé par trois syndicats majoritaires de la grande distribution. Que vous alliez faire votre plein chez Carrefour, Casino, Auchan, Lidl, Picard...
 
Le mouvement s'annonce historique. Pour la première fois, CGT, CFDT et Force Ouvrière s'unissent pour dénoncer d'une seule et même voix leur malaise, qui tient en trois thèmes : "salaire, repos dominical, et emploi", annonce Charles Dassonville, secrétaire fédéral de la CGT. Le secteur compte 636.100 salariés. "On sait déjà que 300 sites vont être touchés", annoncent les organisations. Le taux de grévistes devrait être de 50 à 80%, croient savoir les sources syndicales.
 
"Le ticket de caisse sortira tout seul"
 
"C'est la troisième année consécutive sans augmentation de salaire sur la branche", se désole Aline Levron, secrétaire national en charge du commerce à la CFDT. Les syndicats affirment par ailleurs qu'"une grande majorité" des employés du secteur perçoivent des rémunérations inférieures au Smic au regard du travail effectivement accompli. "Vues toutes les amendes qu'on nous met, il serait déjà pas mal qu'un secteur riche comme la grande distribution respecte la loi", constate, amer, Charles Dassonville.
 
Le rapport de branche de 2006 révèle que 37% des employés sont à temps partiel, ce taux montant à 70% dans le hard discount. Ces salariés précaires sont des femmes majoritairement. "Quand vous faites 22 heures à temps partiel, vous vous situez au niveau du seuil de pauvreté. Dans cette situation, difficile de boucler les fins de mois, d'autant plus quand vous êtes une familles monoparentale...", explique Aline Levron.
 
Les syndicats réclament par ailleurs l'ouverture de négociation pour anticiper les suppressions d'emplois liés au développement des nouvelles technologies. "Toute la chaîne va être touchée, explique la syndicaliste de la CFDT. Demain, par exemple, les caisses seront automatiques. Le client passera son caddie sous un tunnel, les produits équipés de puce et le ticket de caisse sortira tout seul... Que vont devenir les caissières ?" Elles sont 200.000, soit 50% des postes de la grande distribution." Et d'expliquer que la question de la reconversion doit se poser maintenant.
 
"Un malaise profond"
 
Alors que le sujet de l'ouverture des magasins le dimanche est en débat, relancé récemment par la commission Attali, les syndicats s'opposent au travail en ce jour de repos, les salariés du secteur devant déjà travailler dimanche par an. Selon eux, certains salariés à faible pouvoir d'achat n'ayant pas le choix de refuser.
 
"Il a fallu un malaise profond et une grave précarité au quotidien pour que toutes enseignes confondues décident d'un mouvement", résume Dejan Terglav, secrétaire fédéral de FO. Le but, poursuit-il "est de frapper le porte-monnaie des distributeurs et de bloquer des magasins pour sensibiliser les consommateurs". Au programme : distribution de tracts, signature de pétitions, actions dans la rue... Les syndicats comptent ainsi "mettre la pression" alors qu'un troisième round dans des négociations salariales avec la Fédération du commerce et de la distribution devait se dérouler jeudi. Les trois fédérations ont prévu de se rencontrer le 4 février pour faire le bilan de journée du 1er et décider d'un nouveau jour de grève ?

Royal dénonce le "scandale de la grande distribution"

"Pour la première fois, les salariés des grandes surfaces se bougent. On entend des choses qu'on n'entendait pas avant comme : ça finira mal. Il y a un sentiment de révolte des gens qui est à la mesure de la tromperie dont ils ont été les victimes", a déclaré Ségolène Royal à la presse en marge d'une réunion de soutien aux candidats socialistes pour les élections cantonales en Charente-Maritime. Pour la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes, "c'est le règne de l'argent fou".

Par Amélie Gautier le 31 janvier 2008 à 17:07
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1 Commentaires

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  • Stéphane, le 31/01/2008 à 18h02

    Tant pis pour mes courses demain , je suis de tout coeur avec elle.

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