© Photothèque de La PosteS'habiller, c'est travailler ? C'est la question qui était posée conseil des Prud'hommes d'Albi ce mardi. Le conseil, en répondant par l'affirmative, a donné raison, mardi, à onze facteurs tarnais demandant à La Poste que leur temps d'habillage et de déshabillage soit comptabilisé dans leur temps effectif de travail en leur attribuant six minutes par jour pour cette préparation vestimentaire.
"Si la Poste oblige les facteurs à porter une tenue, elle oublie depuis toujours de respecter le Code du Travail qui précise que lorsque la tenue est obligatoire, les opérations d'habillage et de déshabillage font l'objet de contreparties", a déclaré Thomas Barba, cadre du syndicat CGT qui représentait les intérêts des facteurs.
"Le juge prend acte des négociations"
L'avocat s'est donc félicité de la décision des Prud'hommes qui clôt, selon lui, "un combat très difficile psychologiquement, car ce n'est pas évident d'aller en justice contre son employeur même s'il ne s'agit que de bénéficier de la loi". Pour l'avocate de la Poste, Me Virginie Devos, "l'accord national en cours de négociation (sur la question du temps d'habillage) n'a pas lieu d'être interféré par la décision d'Albi".
La Poste a réagi dans un communiqué. L'entreprise "enregistre avec satisfaction que le juge prend acte des négociations en cours" depuis février 2007. La décision des Prud'hommes d'Albi pourrait représenter pour la Poste un total de 300 millions d'euros pour les 100.000 facteurs français, selon Thomas Barba qui précise que "des centaines, voire des milliers de recours hiérarchiques" ont été déposés par les facteurs sur la question du temps d'habillage.
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