Laurence Parisot, présidente du Medef © J.P MullerLa fumée blanche ne s'élevait pas encore, vendredi après-midi, au-dessus du siège du Medef mais les choses semblaient bouger. Un peu. Patrons et syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) mènent depuis mercredi les négociations finales sur la modernisation du marché du travail. Jeudi soir, les représentants des 18 millions de salariés du secteur privé s'étaient plaints unanimement de la rigidité des patrons. Vendredi à la mi-journée, le ton n'était plus le même.
Il semble que les discussions du matin ont permis d'arracher quelques concessions aux délégations patronales (Medef, CGPME et UPA). Selon des membres de la CGT et de la CFDT, les patrons ne s'arc-bouteraient plus sur la période d'essai de 3 mois pour les CDI des non-cadres et celle de 6 pour les cadres. Ils accepteraient un à deux mois pour les ouvriers et employés, deux à trois mois pour la maîtrise et deux à quatre mois pour les cadres. Ces périodes ne pourraient être renouvelables, une seule fois, que par un accord de branche et non pas seulement d'entreprise.
Faute d'accord, une loi
Le patronat aurait aussi lâché du lest à propos du transfert du droit individuel à la formation (DIF). Il serait prêt désormais à accepter que le salarié devenant chômeur puisse garder 100% des droits acquis, contre 50% dans ses propositions ultérieures. Enfin, concernant la rupture à l'amiable du contrat de travail, les patrons n'exigeraient plus qu'elle soit faite par le directeur départemental du travail mais n'ont pas accepté pour autant qu'elle soit validée par le conseil des prud'hommes ainsi que le souhaitent les syndicats.
Patrons et syndicats campent sur leurs positions pour obtenir un texte dont le contenu soit le moins éloigné de leurs intérêts. Tous savent que s'ils ne parviennent pas à un accord signé, le gouvernement partira des résultats -mêmes très partiels - de ces dernières négociations pour élaborer son texte de loi.
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