Sarkozy interpelle Mittal en public

le 25 janvier 2008 à 17h46 , mis à jour le 25 janvier 2008 à 17h54

Le président français a interpellé vendredi à New Delhi le PDG d'Arcelor-Mittal qui maintient son projet de fermeture d'une aciérie de Moselle.

Mittal PDG OPA Arcelor © DR

Chacun sait que Nicolas Sarkozy prend un plaisir tout particulier à rouler des mécaniques devant un auditoire. Pendant son voyage en Inde, il n'a fait pas exception à la tradition en interpellant vendredi à New Delhi le PDG d'Arcelor-Mittal.
 
Lakshmi Mittal était assis au premier rang, dans le salon d'un grand hôtel de New Delhi, où plusieurs centaines d'hommes d'affaires indiens et français étaient rassemblés pour écouter le président français conclure une conférence sur les relations économiques entre l'Inde et la France.
 
"Vous vous sentez visé ?"
 
"Je veux dire, et je vois un certain nombre de visages connus, ici, en France, qu'il y a pu y avoir (...) tel ou tel problème pour tel ou tel investisseur indien", a-t-il dit. "Vous vous sentez visé ?" a-t-il poursuivi en regardant Lakshmi Mittal, ce qui a déclenché des rires dans la salle. "Vous avez raison. Alors vous pouvez porter témoignage que quand il y a eu la polémique, moi je vous ai reçu et je vous ai reçu comme un investisseur et jamais comme un adversaire."
 
Il faisait allusion à l'époque - en 2006 - où Lakshmi Mittal s'est porté acquéreur du groupe sidérurgique européen Arcelor à la faveur d'une OPA qui a suscité en France de vives réactions d'hostilité. Il était alors ministre de l'Intérieur. Il a confirmé qu'il avait demandé au PDG d'Arcelor-Mittal de venir lui parler de son projet de fermeture de l'aciérie de Gandrange, qui devrait entraîner la suppression de 595 emplois.
 
Rencontre lundi à l'Elysée
 
"C'est parfaitement exact. Mais dans une démocratie, on a le droit de discuter, pour comprendre, pour essayer de trouver des solutions", a-t-il déclaré. "Et quel président serais-je si je ne me posais pas la question dans une région si attachée à la sidérurgie d'une usine qui ferme et de la possibilité de discuter avec un industriel qui a investi ?"
 
L'Elysée a annoncé vendredi que le chef de l'Etat recevrait l'homme d'affaires d'origine indienne lundi à 11h15, à la présidence de la République à Paris.

Mittal : "un processus normal"

L'usine de Gandrange a été rachetée en 1999 par Mittal Steel au français Usinor pour un franc symbolique. Les deux sociétés ont fusionné en 2006 après l'OPA lancée par Mittal sur Arcelor, groupe créé en 2002 par Usinor et deux sidérurgistes européens. Interrogé par des journalistes après la conférence de New Delhi sur son rendez-vous avec Nicolas Sarkozy, Lakshmi Mittal a estimé que c'était un "processus normal". Mais il a également confirmé son intention de fermer l'usine de Gandrange, en affirmant que c'était "pour le bien de tous les employés". "Nous déménageons l'aciérie de Gandrange vers un autre endroit en Lorraine", a-t-il expliqué. "Nous voulons rendre le travail plus sûr en déménageant dans un meilleur endroit."  Sur les quelque 600 salariés concernés, "450 se verront offrir un nouveau travail et 150 partiront à la retraite".

le 25 janvier 2008 à 17:46
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