© DRLa sentence est tombée. "Pour dire les choses comme je les pense, oui", a répondu le chef de l'Etat à un journaliste qui lui demandait, lors de sa confrénce de presse mardi, s'il souhaitait que "cette année soit celle de la fin des 35 heures". Les 35 heures sont "l'une des erreurs économiques et sociales les plus graves qui aient été commises dans notre pays depuis 25 ans", a ajouté dans l'après-midi le Premier ministre François Fillon à l'Assemblée.
Interrogé, dans les couloirs de l'Assemblée nationale, sur la volonté affichée, lors de sa conférence de presse, par Nicolas Sarkozy de mettre fin aux 35 heures, Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux relations a estimé que "cela permettra à l'année 2008 d'être un grand débat sur les 35 heures".
Depuis quelques années, les gouvernements de droite successifs ont sans cesse assoupli cette mesure emblématique des années Jospin. Le président de la République semble désormais vouloir la supprimer définitivement. Fin novembre, il avait pourtant qualifié "d'acquis social" cette mesure mise en place par Martine Aubry, tout en proposant la monétisation des jours de récupérations de temps de travail (RTT).
Pouvoir d'achat : des caisses "vides"
Nicolas Sarkozy a aussi défendu les mesures adoptées depuis l'été dernier par le gouvernement pour, selon lui, améliorer le pouvoir d'achat des Français : loi en faveur du Travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat (dite TEPA), défiscalisation des heures supplémentaires et modification de la loi Galland. La loi TEPA a permis de donner "14 milliards d'euros pour le pouvoir d'achat des Français", a-t-il souligné.
"Qu'attendez-vous de moi? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ou que je donne des ordres à des entreprises à qui je n'ai pas à donner d'ordre", s'est interrogé le chef de l'Etat. Réduire le débat politique français à la seule question du pouvoir d'achat, c'est absurde", a-t-il ajouté.
Sur le front du chômage, "on est à un niveau historiquement bas", s'est félicité Nicolas Sarkozy qui a, par ailleurs, souhaité la mise en place de nouveaux indicateurs - autres que la mesure du PNB - afin de "mieux prendre en compte la qualité de vie des Français".
Intéresser les salariés
Nicolas Sarkozy a par ailleurs souhaité mardi que le niveau de la participation et de l'intéressement aux résultats des entreprises, pour les salariés, soit "fortement relevé", ajoutant qu'un "doublement ou un triplement de la réserve de participation", ne le choquerait pas. "Nous allons créer les conditions réglementaires et fiscales pour que la participation et l'intéressement puissent s'étendre à toutes les entreprises, même à celles de moins de 50 salariés", a-t-il également indiqué.
"Un doublement voire un triplement de la réserve de participation, c'est pas quelque chose qui me choquerait", a déclaré le président de la République a-t-il ajouté. "Ca fait des années qu'on parle de participation, et bien il est temps de la faire et de la faire de façon significative, lourde, ambitieuse, pour qu'enfin les gens y croient", a-t-il insisté (voir ci-dessous).
"Moraliser le capitalisme"
Nicolas Sarkozy a encore affirmé vouloir "moraliser le capitalisme". "En 2008, la politique de civilisation s'exprimera dans notre capacité à mieux partager les rentes et les profits, partager plus équitablement les efforts de tous", a déclaré le président, qui veut "que les programmes de stocks-options et la distribution d'actions gratuites bénéficient à tous les salariés de l'entreprise et pas seulement à quelques-uns".
Nicolas Sarkozy souhaite "que les salariés puissent choisir librement entre l'intéressement qui est versé tout de suite et la participation qui reste bloquée un certain temps en contrepartie d'avantages fiscaux". "Les salariés ne peuvent pas être éternellement privés de la part qui leur revient dans les succès de leur entreprise", a-t-il plaidé.
Parler de "TVA Sociale" : "une erreur"
Enfin, le chef de l'Etat a estimé que d'avoir parlé d'une TVA sociale était une double erreur. "La première, c'est d'utiliser ce mot, cela n'a rien de social, donc on aurait bien mieux fait de parler de transfert de charges de la production à la consommation (...) et deuxièment, c'était aussi une erreur d'en parler sans le faire. Soit vous le faites, soit vous ne le faites pas, et dans ce cas là vous allez jusqu'au bout", a reconnu le chef de l'Etat.
| Réformer les indicateurs avec deux prix Nobel | ||
Nicolas Sarkozy a chargé deux Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz et Amartya Sen de
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