Image d'archives © TF1La grève des enseignants de jeudi n'est pas une première, loin de là, mais elle aura un caractère inédit. Pour la première fois, "2000 communes" soit 10% de celles disposant d'écoles primaires, mettront en place un "service minimum" de garderie, selon le ministre de l'Education Xavier Darcos.
Selon lui, l'adhésion de municipalités en très grande majorité de droite à ce principe est lié "sans aucun doute aux événements politiques, à la proximité des municipales. (...) La résistance actuelle qui est conjoncturelle ne devrait pas se prolonger dans des grèves futures". Le service minimum est considéré comme une atteinte au droit de grève par les syndicats.
Avant la grève , deux maires de droite et de gauche expliquent à LCI.fr leur décision de mettre ou non ce service minimum de garderie dans leur commune.
| POUR : "Une simple raison de bon sens" |
 | | Hervé Marseille | Hervé Marseille est le maire Nouveau Centre de Meudon (92)
LCI.fr : Vous avez décidé de mettre en place jeudi un service minimum dans votre commune. Pour quelle raison? Hervé Marseille, maire de Meudon : Pour une simple raison de bon sens. Dans ma commune, souvent, les deux parents d'une même famille travaillent. S'il y a une grève des professeurs, il faut leur apporter une solution comme on chercherait à le faire en cas de grève des transports. LCI.fr : Comment vous êtes-vous organisé? H. M. : À Meudon, 50 classes sur 150 vont faire grève. On a mis en place des points de ralliement et les 600 à 700 enfants seront ensuite répartis dans les différents centres d'accueil. Leurs parents ont été prévenus par les écoles et même par SMS par les associations de parents au cas où certains professeurs ne transmettent pas l'information. LCI.fr : La loi vous a-t-elle vraiment facilité la tâche? H. M. : On le faisait déjà avant mais la loi nous a donné un cadre juridique. Avant, on "bricolait". On peut maintenant s'appuyer sur les textes. Il est vrai qu'en faisant garder des enfants, j'engage ma responsabilité de maire mais comme je le fais sur une multitude de sujets. J'ai été élu pour ça. LCI.fr : A l'approche des municipales, c'est un sujet qui peut influencer les électeurs d'après vous? H. M. : Je ne réfléchis pas tous les jours à l'intérêt d'une décision que je prends pour les municipales. Je leur recommande de toute façon de voter pour moi ! Ils ont quelques bonnes raisons de le faire... |
| CONTRE : "C'est à l'Etat de gérer les conflits sociaux" |
 | | Gilbert Roger | Gilbert Roger est le maire PS de Bondy (93)
LCI.fr : Vous avez décidé de ne pas mettre en place jeudi de service minimum dans votre commune. Pour quelle raison? G. R. : Car c'est la compétence de l'Etat. C'est l'Etat qui gère les fonctionnaires, c'est à lui de gérer les conflits sociaux. S'ils veulent mettre un service minimum en place, qu'ils l'organisent! Il ne faut pas mélanger les genres. Le gouvernement se déleste de ses responsabilités sur les collectivités. LCI.fr : Certains administrés vous le reprochent-ils? G. R. : On a bien eu quelques appels. Cinq en tout. Il s'est avéré que c'était des militants UMP qui n'avaient même pas pris la peine de changer leur nom. A part ça, nous n'avons pas été trop sollicités, les gens se débrouillent. Les professeurs qui ne font pas grève assurent souvent la garde des élèves de leurs collègues grévistes. LCI.fr : A l'approche des municipales, c'est un sujet qui peut influencer les électeurs d'après vous? G. R. : C'est un coup de politique politicienne mais la ficelle est un peu grosse quelques semaines avant les élections. Même si mon adversaire en parle dans ses tracts, ça ne me fait pas peur. On s'expliquera dans les débats qui auront lieu pendant la campagne. |
Le service minimum de garderie mis en place par des maires est-il une bonne chose ou une simple manoeuvre politique? Donnez votre avis en cliquant ci-dessous sur "Réagir à cet article".