Les taxis en grève bloquent la place de la République, à Paris, le 30 janvier 2008 © TF1-LCILes taxis ont fait le plein. Entre barrages, opérations escargot et défilés, ils étaient entre 25.000 et 30.000 ce mercredi à manifester dans les grandes villes contre les propositions d'ouverture de la profession de la commission Attali sur la croissance qu'ils qualifient de "déréglementation de la profession" (lire notre article sur leurs revendications). Ils menacent de nouvelles manifestations mercredi prochain.
A Paris, 700 à 1.000 véhicules (selon la police), paralysaient en fin de matinée la place de la République. Une porte-parole de la fédération nationale des artisans taxis (Fnat) a indiqué que de nombreux autres véhicules étaient bloqués par les forces de l'ordre à distance de la place de la République et que des chauffeurs de taxi étaient venus sans leur véhicules, soulignant que la manifestation rassemblait "plusieurs milliers de participants". Sur la place de la République, les voitures arboraient des slogans tels que "Touche pas à mon taxi", "non à la déréglementation", "non à la paupérisation de notre métier" (voir notre reportage à Paris).
En province, opérations escargot et blocages
Autour de l'aéroport de Nice, environ 200 à 300 chauffeurs de taxis ont manifesté à pied, entraînant des perturbations de la circulation. Autour de Toulouse et Montauban, 50 km de bouchons étaient enregistrés, en raison d'opérations escargot de quelque 600 taxis. A la gare de Toulouse-Matabiau, "quelques retards" étaient signalés. A Marseille, les taxis ont reçu le soutien de Jean-Claude Gaudin. Le maire de la ville, également vice-président de l'UMP, compte intervenir auprès de Nicolas Sarkozy. Interviewé par LCI.fr, il a comparé le rapport Attali au "rapport Attila" (voir notre vidéo).
En Bretagne, 120 taxis bloquaient les entrées de Brest. A Nantes, 170 taxis étaient en convoi pour mettre en place des barrages filtrants. A Strasbourg, une centaine de taxis se sont rassemblés dès 7 heures place de l'Etoile où siègent la communauté urbaine et la mairie, perturbant la circulation des bus. Une délégation de chauffeurs a été reçue par la maire Fabienne Keller (UMP) qui les a assurés de son soutien. Un rassemblement avait également lieu devant la sous-préfecture de Mulhouse (Haut-Rhin). Dans le Puy-de-Dôme, 150 taxis, selon les gendarmes, ont participé à une opération escargot sur l'A75 entre Issoire et Clermont-Ferrand, provoquant des ralentissements.
Wauquiez : l'intérêt des professionnels sera respecté
Le président de la Fédération nationale des artisans du taxi (Fnat), Alain Estival, a qualifié de "catastrophe pour la profession" les propositions de la commission Attali. "Ce serait une grave injustice. Ils vont tuer le métier. La régulation est une nécessité économique", a déclaré de son côté le secrétaire de la fédération CGT des taxis, Karim Asnoun. "C'est la mort de la profession si ces mesures sont appliquées", a ajouté Bertrand Casagrande, vice-président de la chambre syndicale des taxis parisiens. "La qualité de service n'est pas un problème de nombre de taxis mais de fluidité de la circulation", a-t-il ajouté. "Nous ne sommes pas opposés à ajouter des taxis mais on ne peut pas supporter 50.000 ou 60.000 taxis et voitures de petite remise", a déclaré de son côté le président de la CFTC taxis, Luis Madeira.
L'éventuelle dérégulation de certaines professions comme les taxis, proposée par le rapport Attali, se fera en concertation avec les métiers concernés et le Parlement, a assuré mercredi le porte-parole du gouvernement. "Il est hors de question de faire des réformes sans prendre en compte l'intérêt légitime des professions qui sont concernées", a-t-il déclaré, citant notamment les taxis, les coiffeurs et les pharmaciens. "Bien entendu, tout ceci se fera en grande concertation avec l'avis des parlementaires concernés puisqu'au premier plan ça relève de leur responsabilité. Donc, ça se fera sur la base d'un échange très étroit avec le Parlement", a-t-il ajouté.
(D'après agence)
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