© LCI.fr/DHLa Fédération nationale des artisans du taxi (Fnat), qui affirme représenter 50% des professionnels du secteur, appelle les taxis à "cesser le travail" ce mercredi avec des manifestations à Paris et en province pour protester contre les projets de "déréglementation" contenus dans le rapport Attali. Ce dernier préconise d'ouvrir à la concurrence plusieurs professions réglementées et notamment celle des taxis.
Ceux-ci "assureront le service minimum de l'heure de pointe du matin" (de 6h30 à 9h30). Dans la journée, les centraux radio parisiens ne prendront pas de réservation. En région, les transports sanitaires seront assurés. A Paris, le rassemblement est prévu à 10h place de la République. Il n'est pas prévu d'opération escargot. Actuellement, 46.000 taxis circulent en France, dont plus de 15.000 à Paris. Le rythme annuel est de 300 voitures supplémentaires dans la capitale.
"La mort de tous les taxis"
Pour le secrétaire général de la Fédération française des taxis de province (FFTP), M.Collin, interrogé par LCI.fr, l'ouverture proposée par la commission Attali, "c'est la mort de tous les taxis". "Déjà qu'on a de grosses difficultés à survivre, à 70 heures par semaines. S'il y a plus de taxis, on ne fera plus qu'une course par jour !", martèle-t-il, soutenant qu'il "n'est pas vrai qu'il n'y a pas assez de taxis. Ce qu'il faut faire, c'est des couloirs et réaménager la loi de 1995".
Celle-ci avait redéfini la profession, imposant notamment aux taxis une autorisation de stationnement (sur la voie publique en attente de la clientèle, afin d'effectuer des transports à la demande. Et ils doivent stationner en attente de clientèle dans leur commune de rattachement). Un problème pour les taxis de province notamment, pour la FNTI (Fédération nationale des taxis indépendants). Comme l'a expliqué à LCI.fr Pascal Wilder, président du 69 (Rhône) : "il y a un problème de territorialité. Les licences seraient rachetées à une commune ou un groupe de communes. Je pourrais venir stationner n'importe où". Et puis "on n'aurait moins de moyens de pression, car le pouvoir passerait des maires aux préfets".
Delanoë pour le rachat des licences par la puissance publique
Tous deux se disent toutefois d'accord avec Luc Chatel sur le fait que "les compagnies de taxi et les artisans taxi (...) sont conscients qu'il faut bouger, évoluer" et "prêts à se remettre en question". Le secrétaire d'Etat chargé de la Consommation et du Tourisme a estimé lundi qu'il fallait "regarder comment progressivement on peut augmenter l'offre" de taxis, "mais en étant vigilant sur l'impact que cela aura sur l'ensemble de la profession". L'augmentation du nombre de licences n'est pas la seule solution, a-t-il estimé.
Affirmant ne pas aller dans le même sens que le rapport Attali, le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, s'est de son côté prononcé en faveur du rachat des licences de taxis par la puissance publique, dimanche soir au Grand rendez-vous d'Europe 1. Il s'est même dit prêt "à mettre beaucoup d'argent pour ça".
Le rapport Attali relève qu'"un nombre extrêmement limité de licences gratuites étant accordé chaque année, le prix de revente des licences est très élevé dans les villes où l'offre est manifestement insuffisante". A Paris, une plaque coûte quelque 190.000 euros, à Toulouse 140.000 euros, 400.000 à Orly, selon le rapport. Et selon la Fédération française des taxis de province, 6.500 chauffeurs taxis locataires ou salariés attendent de pouvoir acquérir une licence. "Il y a des taxis qui gagnent très mal leur vie et malheureusement n'ont un peu de ressources qu'en vendant leur plaque quand ils partent à la retraite et ça vicie le système au départ", selon le maire de Paris. Interrogé sur l'hypothèse de création d'un fonds par l'Etat pour racheter toutes les licences, le maire de la capitale a donc acquiescé.
| Ce que préconise le rapport Attali |
"Une ouverture complète du marché des taxis et des véhicules de petite remise (VPR) parisiens permettrait d'avoir au total de 50.000 à 60.000 taxis et VPR à Paris et en proche banlieue (contre 16.000 aujourd'hui), soit un gain d'emploi de 35.000 à 45.000". Pour augmenter le nombre de taxis, le rapport propose :
Nicolas Sarkozy a jugé nécessaire de réformer certaines professions réglementées, jugeant qu'il existe des "réglementations parfaitement obsolètes", en citant notamment les taxis. |
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