Mille euros... pour renoncer à faire grève

Par K.P, le 20 février 2008 à 10h35 , mis à jour le 20 février 2008 à 22h36

GT Logistics propose à ses salariés un "contrat de garantie de permanence de prestation". Le deal : une avance de 1000 euros, remboursable en cas de grève.

grèves contrat de travailgrève GT logistics © TF1 / LCI

La CFDT-Transports d'Aquitaine s'offusque: "Face à un mouvement collectif du personnel qui proteste contre le blocage des négociations salariales par la direction, l'entreprise n'a rien trouvé de mieux que de proposer de racheter le droit de grève". La proposition est en effet inédite: un "contrat de garantie de permanence de prestation" doté d'une avance de 1.000 euros... remboursables en cas de non respect des engagements. En clair, en cas de grève. C'est ce que la direction a offert aux salariés du site de Tarnos, dans les Landes.
 
Le site, qui emploie une centaine de personnes, est touché depuis plusieurs  jours par des débrayages dans le cadre des négociations salariales annuelles, selon Pierre Prat, délégué syndical CFDT de GT Logistics. L'entreprise, qui assure la logistique du fabricant de moteurs d'hélicoptères Turboméca, filiale de Safran, est en pleine renégociation du contrat avec son client.

Le droit de grève remis en cause ? 

Evoquant cette période tendue, le PDG Eric Sarrat rappelle que le contrat fait "obligation de maintenir une garantie de prestation" et que c'est dans ce contexte qu'il a décidé de "récompenser" les salariés qui assurent cette continuité en "attribuant une avance permanente". Pour lui "il ne s'agit en aucun cas d'un rachat du droit de grève. Les salariés qui signent ce contrat peuvent faire grève où ils veulent et quand ils veulent". Eric Sarrat a refusé de préciser le nombre de salariés ayant signé ce contrat mais a indiqué qu'un "grand nombre y a été sensible".

De source syndicale, on estime à une cinquantaine le nombre de salariés ayant accepté l'offre. "On se croirait revenu au temps du Comité des forges où les patrons achetaient la paix sociale avec les bonnes œuvres de leurs épouses et cassaient les grèves", peut-on lire sur le tract de la CFDT distribué devant Turboméca par une quarantaine de salariés observant un débrayage d'une heure. La CFDT a annoncé son intention d'agir en justice pour dénoncer un contrat qu'elle pense "illicite".
 

Par K.P le 20 février 2008 à 10:35
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33 Commentaires

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  • Jibé, le 21/02/2008 à 03h52

    Surprenante cette "fronde" contre l'idée, pourtant simple, de préserver la pérennité des contrats commerciaux, qui font, seuls, vivre l'économie. Les syndicats, fidèles à leur langue de bois, ne sont, bien sûr pas d'accord, quand les employés touchent 1.000 euros contre une garantie de prestation, mais sont restés silencieux dans l'affaire de l'UIMM, dont les enveloppes en millions d'euros, ont servi à fluidifier les relation sociales en tombant dans leurs poches ! En gros, pour les syndicats, c'est : "Fais ce que je dis, mais pas ce que je fais". On va finir par croire, qu'ils sont tous à la gamelle !!! Où est la limite de connivence entre les soit-disant partenaires sociaux et l'État ? À force de ne représenter qu'eux-mêmes, les syndicats peuvent s'émouvoir, mais ne récoltent en l'espèce, que ce qu'ils ont semé... Le chacun pour soi est nettement plus productif, les 50 de GTLogistics font preuve d'intelligence.

  • Danais, le 21/02/2008 à 00h17

    Décidément certains patrons n'éprouvent aucune morale. 1000 euros pour acheter le droit de grève. Quelle honte.

  • Mumus, le 20/02/2008 à 22h55

    Encore un titre détournant le contenu de cette exellente initiative; il ne s'agit pas d'acheter le droit de grève mais de maintenir l'activité en cas de blocage syndical. Il est tout a fait légitime pour des salariés qui ne partagent pas le point de vue des syndicats ultra minotitaires puissent assurer la livraison des commandes passées en sous traitance par d'autres entreprises afin de ne pas pénaliser indirectement des personnels qui n'ont rien à voir dans des conflits comme c'est trop souvent le cas actuellement. La toute puissance des syndicats tiens à peu de choses: leur pouvoir de nuisance et leur quasi impunité; il faut que celà cesse.

  • RASCHETTI, le 20/02/2008 à 21h54

    La grève c'est la matérialisation d'une rupture des négociations de part et d'autre. Un des objectifs dans une négociation ou interviennent des représentants des parties c'est de mener des discutions qui aboutiront à une situation partagée. La méthode à privilégier c'est d'éviter de tomber dans la manipulation, volet contraire au principe de ce qu'appellent les asiatiques " la perte de la face". le contrat de prestation de service entre Maître d'Ouvrage et entreprise générale va prévoir des conditions techniques et économiques évitant de bloquer le site de production. De plus un stock de sécurité est prévu, voir extrernalisé bien sûr !. Enfin, pourquoi ne pas qualifier de -résultat du contrat de travail objectif atteint- par le salarié et l'entreprise. C'est probablement un terme qui évitera les des confusions et permettra même de tirer vers le haut une contrainte, en une nouvelle opportunité!

  • Henri, le 20/02/2008 à 17h30

    Bravo, très bonne proposition ! Si on pouvait l'avoir pour la SNCF, la Ratp et Air France, se serait vraiment le bonheur !

  • Remi, le 20/02/2008 à 17h29

    Une entreprise essaie de survivre et de sauver ses contrats et encore le meme syndicats vient lui lancer le coup de grace... Si des salaries sont contents, les autres n'ont qu a changer de boulo!!!

  • Pardi, le 20/02/2008 à 16h39

    Une direction qui n'arrive pas négocier et à se faire comprendre est incompétente. Une entreprise marche mieux quand les salariés travaillent dans des conditions décentes, reçoivent des salaires corrects à leurs yeux, et quand ils comprenent où ils vont et pourquoi. C'est aisni qu'ils s'associent à la bonen marche de l'entreprise, et comme dit Jacques, les salariés ont intérêt à s'associer à la bonne marche de l'entreprise, de même que l'entreprise a intérêt à associer ses salariés à sa bonne marche. Quand les salariés ont affaire à des murs, il leur reste le droit de grève pour se faire entendre.

  • Toto, le 20/02/2008 à 16h39

    1000 euros pour pas faire greve??? quand on gagne 1045 euros net pas moi ,ça donne a réfléchir,mais gt logistique a les moyens finencier de répondre a la demande du personnel de gt de turbotmeca tarnos

  • Fanouche, le 20/02/2008 à 16h21

    A quand une telle proposition aux conducteurs de la SNCF,de la RATP,Air France...le problème des grèves sans fin et sans raison serait enfin résolu.

  • Fanfan, le 20/02/2008 à 16h19

    C'est génial.Enfin une bonne idée. On en est arrivé là, la faute à qui ? à la CGT qui a outrepassé ses droits et je pense que si un tel deal était présenté aux employés de la SNCF ou à ceux d'Air France le problème de"la prise d'otages des usagers" serait vite réglé.Bravo à cette initiative.

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