Manifestation de salariés de Smoby © DRC'est une page qui se tourne dans le monde du jouet français. Le numéro 1 du secteur, Smoby-Majorette, qui fait face à une dette abyssale, saura bientôt s'il pourra ou non continuer à exister, avec la décision attendue du tribunal de commerce de Lons-le-Saunier, dans le Jura. A l'appel des syndicats FO, CFDT, CGT et CFTC, les salariés du fabricant jurassien placé en redressement judiciaire en octobre, très "inquiets", ont voulu "mettre la pression" sur les trois repreneurs potentiels pour "qu'ils maintiennent le maximum d'emplois". Près de 500 d'entre eux se sont donc rassemblés dans l'après-midi devant le tribunal pour défendre leurs emplois, alors que la justice examinait les offres de reprise du groupe. Plusieurs élus étaient venus soutenir les salariés, dont le député-maire UMP de Lons-le-Saunier, Jacques Pelissard. Le tribunal de commerce annoncera sa décision le 3 mars.
Trois repreneurs sont en lice. Le principal risque étant... un démembrement, tout simplement, une hypothèse désormais envisageable après la défection, annoncée vendredi, du groupe de jouets américain MGA Entertainement. MGA, repreneur de Smoby-Majorette, a annoncé qu'il n'était pas en mesure de présenter un plan de continuation pour la société, renonçant ainsi implicitement à son projet d'implantation en Europe.
Le déclin de Smoby-Majorette
Asphyxié ses 277 millions d'euros de dette, Smoby-Majorette avait été repris par MGA Entertainment au printemps 2007. Mais le tribunal de commerce de Lons-Le-Saunier, estimant que l'Américain n'avait pas tenu ses engagements, avait placé la société en redressement judiciaire le 9 octobre, décision confirmée en appel le 28 décembre. Pour sortir de cette procédure, deux solutions étaient possibles : la présentation par MGA et d'éventuels nouveaux actionnaires de ce fameux "plan de continuation"... ou la mise en place d'un "plan de cession" des actifs du groupe, donc un démantèlement. Le directeur général de MGA, Didier Pietri, a jugé "regrettable que les conditions de travail difficiles avec l'administration judiciaire et la défection de certaines banques conduisent maintenant le groupe Smoby à un plan de cessions dont les conséquences sociales risquent d'être lourdes".
Restent donc trois projets pour Smoby : celui de Simba-Dickie Group, numéro un du jouet allemand, celui de la holding grenobloise Abcia, associé à Caravelle, société spécialisée dans la reprise de sociétés en difficultés, et celui du fonds d'investissements français MI29. Aucun ne paraît devoir vraiment sauver la société, selon les syndicats, qui redoutent jusqu'à 60% de suppressions d'emplois. Smoby-Majorette emploie aujourd'hui 2750 salariés dans le monde, dont 1300 en France.
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