Manifestation le 15 février 2008 de salariés de l'usine Kléber de Toul (Meurthe-et-Moselle), que la maison-mère Michelin fermera en 2009 avec 826 postes supprimés © TF1-LCIDeux cadres sont retenus depuis jeudi matin à l'usine Kléber de Toul (Meurthe-et-Moselle), que la maison-mère Michelin fermera en 2009 avec 826 postes supprimés. Le directeur des relations sociales et le chef du personnel de l'usine de Toul "ont passé la nuit dans une salle et s'y trouvent toujours", a indiqué une porte-parole de Michelin. "On leur a apporté le petit déjeuner, des huissiers passent régulièrement pour vérifier que tout se passe bien", a ajouté Guy Pernin, représentant CGT de Kléber-Toul.
La direction a cependant demandé aux forces de l'ordre de ne pas intervenir pour les faire sortir. "Aucune procédure judiciaire pour séquestration ou prise d'otages n'a été engagée par Michelin", a dit un porte-parole. Le bras de fer semble dans l'impasse. Plusieurs centaines de personnes, pour la plupart des salariés de l'usine, ont manifesté vendredi à Saint-Dizier contre cette restructuration.
Un troisième salarié, chef d'équipe chez Kléber, également retenu depuis jeudi, a été évacué vendredi, a déclaré Guy Pernin. Des dégradations sur du "matériel" et des "installations" ont été signalées à la direction "mais elles sont le fait d'une petite minorité. Les négociations (sur le plan social) se poursuivent", a affirmé une porte-parole de Michelin, qui n'a pas fait mention d'une éventuelle action en justice.
Résultats en hausse, fermeture confirmée
Michelin a annoncé vendredi avoir enregistré une progression de 35,3% de son bénéfice net en 2007 (à 774 millions d'euros) avant d'affirmer que la fermeture de son usine Kléber de Toul (Meurthe-et-Moselle) en 2009, était "inéluctable".
Le patron de Michelin, Michel Rollier, l'a rappelé ce vendredi sur RTL : "Ce n'est pas de gaieté de coeur" et "je comprends parfaitement l'émotion de nos salariés", a-t-il ajouté mais "le site de Kléber est un site qui a des prix de revient de plus de 50% supérieurs à la moyenne de Michelin. On ne peut rien faire, on ne va pas reconstruire le site". Michelin avait annoncé il y a trois mois sa volonté de fermer le site de Toul en 2009 avec 826 postes supprimés, une décision qui n'est pas acceptée par les ouvriers.
"Ce matin, il a y eu une réunion. Des camarades ont posé des questions. Ils n'étaient pas contents des réponses. Alors ils les ont coincés dans une salle", expliquait jeudi Pierre Kovalski, délégué syndical central CGT "Le personnel demande des explications après la réunion de (mercredi) sur les mesures d'accompagnement. Les gens tournent pour poser des questions concrètes. Mais ils sont muets comme des carpes", a expliqué Guy Pernin, un responsable CGT de l'usine.
"Chaque salarié retrouvera un emploi"
Le patron de Michelin a dénoncé vendredi des méthodes "assez tristes" et répété que l'entreprise s'engage à ce que "chaque salarié retrouve un emploi" et à "contribuer à la réindustrialisation du site de Toul". "Nous avons un premier projet avec Suez (...) qui représente plusieurs centaine d'emplois mais nous n'avons pas dit que c'est le seul; nous préparons d'autres mesures", a-t-il affirmé.
Michelin entend "garder une base industrielle forte en France", a encore assuré Michel Rollier. En 2007, les charges de restructuration du groupe ont progressé par rapport à 2006, à 326 millions d'euros, concernant les usines d'Ota (Japon), Toul (France) et Lasarte (Espagne).
L'action Michelin était en nette baisse vendredi dans les premiers échanges après la publication des résultats annuels. Selon les analystes de Natixis, les résultats sont assombris par cette charge de restructuration "non attendue, plus la possibilité d'un ralentissement sur le marché américain".
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