Salariés en colère à l'usine Kléber de Toul (16 février 2008) © TF1/LCILes deux cadres de l'usine de pneumatiques Kléber de Toul, en Meurthe-et-Moselle, séquestrés depuis jeudi matin, ont été relâchés dimanche vers 14 heures et ont quitté le site, escortés par la directrice départementale du travail de Meurthe-et-Moselle. Des salariés silencieux formaient une haie au passage des trois personnes. Un peu plus tôt dans la journée, les organisations syndicales de l'usine, qui protestent contre la fermeture programmée du site, avaient rencontré le directeur régional du travail et de l'emploi, nommé médiateur par le préfet du département et porteur des positions de Michelin. "Des propositions significatives ont d'ores et déjà été faites cette nuit", avait alors précisé le fabricant de pneumatiques.
Michelin s'était dit prêt "à faire évoluer le plan d'accompagnement" pour le personnel, même si la fermeture du site est "inéluctable", réaffirme le patron de Michelin, Michel Rollier, dans un entretien à paraître lundi dans La Tribune. Samedi, les délégués des syndicats CGT et FO avaient indiqué au médiateur tout juste nommé vouloir discuter sur la base d'une indemnité de 3000 euros par année d'ancienneté avec un plancher minimum de 30.000 euros en cas de licenciement. La direction aurait évoqué 2000 euros par an, mais un accord aurait finalement été dégagé dimanche sur la base de 2500 euros.
La fermeture de l'usine est "inéluctable"
La CGT espère que le fabricant de pneumatiques va dégager une "ligne budgétaire" pour financer leurs revendications. Ces revendications portent sur les mesures d'accompagnement des 826 salariés du site de Toul, qui fermera ses portes en septembre 2009. Les grévistes demandent notamment la revalorisation des primes de départ et leur versement sans condition, ainsi que des mesures d'âge et l'augmentation des primes de mutation. Une nouvelle réunion avec les syndicats et la direction est prévue dimanche dans la journée.
Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, a fait part samedi de son soutien à l'idée de nommer un médiateur "pour que soit trouvée une issue au conflit en cours". Aucun calendrier de rencontres entre le médiateur, les syndicats et la direction n'a été établi n'avait été établi samedi après-midi. Une centaine de salariés se relaient 24 heures sur 24 devant le site de Toul pour maintenir le piquet de grève. Lors de la présentation des résultats de Michelin, vendredi, Jean-Dominique Sénart, gérant du groupe, a déclaré que la fermeture de l'usine de Toul était "inéluctable". "Mais nous veillerons à ce que tous les salariés puissent retrouver un emploi dans les meilleures conditions", avait-il ajouté.
D'après agence
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