Image d'archives © TF1/LCIUne avance, pas une prime. Les réactions fusent après l'annonce faite par Nicolas Sarkozy mercredi d'octroyer une "avance de 200 euros à valoir sur les revalorisations à venir" des petites retraites. Augmenter les pensions les plus modestes de 25%, c'est l'une des promesses de sa campagne électorale. Pour 2008, Fillon compte proposer 5%. 600.000 retraités sont concernés. L'avance sera "versée courant avril", selon l'Elysée. L'Aspa (allocation de solidarité aux personnes âgées) s'élève à 628,10 euros par personne. L'augmentation proposée la ferait passer à environ 660 euros en 2008. Et si, le président tient son engagement, elle atteindra, d'ici 2012, 785 euros.
A un mois des municipales, l'annonce du chef de l'Etat n'a suscité que perplexité et critiques dans les rangs de l'opposition et chez les syndicats. Rarement de l'enthousiasme. "Ce n'est pas cette obole qui pourra réconcilier Nicolas Sarkozy avec les personnes âgées et les citoyens", a déploré le président du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault. "La pression des municipales ne doit pas être étrangère à cette annonce. La manoeuvre est grossière et ne trompera personne", a renchéri François Hollande. Le numéro 1 du PS a calculé que ce qu'il qualifie d'"acompte" représentait "50 centimes par jour".
"Qui va financer ?"
Le Parti communiste français, a lui dénoncé le "grand bluff" du gouvernement, estimant que "les retraités pauvres le resteront". Sa secrétaire nationale allant même jusqu'à qualifier de "vraiment pingre" cette décision. Pour elle, "il faut augmenter ces retraites de 30% parce qu'une augmentation de 30%, ce serait enfin dépasser le seuil de pauvreté européen".
Et du côté des partenaires sociaux de la CFE-CGC à la CFDT, une question était sur toutes les lèvres : "Qui va financer ?" Selon une évaluation de la Drees (direction des études des ministères sociaux), 5% de hausse pourraient coûter 360 millions d'euros, et 25% représenteraient 2,45 milliards.
Le minimum vieillesse est pris en charge par le Fonds de Solidarité Vieillesse (FSV), principalement alimenté par la CSG. Le chef de l'Etat, interrogé sur le financement de la mesure mercredi, a évoqué le FSV sans plus de précision. A suivre.
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