Sortie de crise à l'usine Kléber de Toul

le 18 février 2008 à 15h19 , mis à jour le 18 février 2008 à 15h52

Direction et syndicats de Michelin ont trouvé un accord sur des mesures pour accompagner la fermeture de l'usine.

Les grévistes devant l'usine Kléber de ToulLes grévistes devant l'usine Kléber de Toul © LCI

Tout est allé vite après la libération des deux cadres retenus pendant plusieurs jours à l'usine Kléber de Toul. L'accord, annoncé dès dimanche, a été finalisé dimanche soir, même s'il n'a été rendu public que ce lundi en fin de matinée. Le compromis tient en un chiffre : au moment de leur départ effectif, les 826 salariés devant être licenciés d'ici 2009 recevront, chacun, une prime de 2400 euros par année d'ancienneté en plus de leurs indemnités conventionnelles. A l'origine, la CGT et FO, les deux syndicats de l'usine, exigeaient pour chacun des employés une indemnité "de valise" de 3000 euros par année d'ancienneté, avec un plancher minimum de 30.000 euros pour les personnels ayant moins de 12 années d'ancienneté.

Les termes de l'accord ont été dévoilés à Paris par Frantz Bléhaut, directeur du personnel France de Michelin. Outre ce compromis sur les indemnités, il a rappelé que chaque salarié se verrait proposer "au moins deux postes" dans une des 16 usines françaises du groupe et que des mesures d'aide à la mobilité étaient prévues, notamment pour la recherche d'un emploi pour le conjoint. "Le groupe, qui n'ouvre que difficilement son porte-monnaie, a fait un énorme pas", a reconnu Pierre Kovalski, responsable de la CGT et délégué syndical central. Selon lui, cet accord devrait coûter entre 40 et 50 millions d'euros à Michelin qui a officiellement provisionné 130 millions d'euros pour fermer son usine touloise.

Prochain rendez-vous le 16 mars

Direction et syndicats sont convenus d'engager le 16 mars des négociations pour la mise en oeuvre de cet accord qui met fin à quatre jours de grève au cours desquels le directeur des ressources humaines et le directeur du personnel de l'usine ont été retenus - sans violences - à l'intérieur du site occupé par les grévistes, avant d'être relâchés dimanche. Exprimant sa "satisfaction" dans un communiqué, Michelin a affirmé que "des vérifications sont effectuées afin de s'assurer que les conditions d'accès, de sécurité et de qualité de production sont réunies et permettent un retour à la normale", probablement d'ici mercredi ou jeudi.

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, s'est réjouie de la fin de la grève dans un communiqué dans lequel elle a demandé au préfet de Meurthe-et-Moselle, Hugues Parant, de réunir "dans les meilleurs délais" un comité de suivi rassemblant l'entreprise et l'ensemble des acteurs locaux pour travailler sur l'avenir du Toulois. Un huissier de justice commis par la direction a constaté, lors d'une visite effectuée lundi matin dans l'usine vide, que l'outil de travail n'avait pas subi de déprédations et que les ateliers occupés par les grévistes avaient été rangés et balayés. La direction a parallèlement retiré lundi un référé introduit contre la CGT devant le tribunal de grande instance de Nancy.

D'après agence

le 18 février 2008 à 15:19
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