Nicolas Sarkozy rendant visite aux ouvriers d'Arcelor-Mittal, à Gandrange (4 février 2008) © TF1/LCILe groupe sidérurgique brésilien Gerdeau n'est pas intéressé par le site d'ArcelorMittal à Gandrange. Le groupe a démenti, lundi, étudier une reprise du site. C'est pourtant ce qu'avait indiqué certains médias, suite à la déclaration, dimanche, de la municipalité d'Amneville qui avaient annoncé que le Brésilien, Gerdeau, venait de présenter un projet de reprise au ministère de l'Economie et des Finances. Lundi après-midi, Bercy a affirmé que les dirigeants du groupe avaient bien été reçus, mais "qu'aucune offre" n'avait été présentée.
Un peu plus tard dans la journée, la mairie d'Amneville est revenue à la charge. Le directeur du cabinet du maire a demandé à Nicolas Sarkozy de "forcer" Lakshmi Mittal à vendre Gandrange.
Le porte-parole du groupe d'Arcelor Mittal a immédiatement réagi, affirmant que la question de la cession de l'usine de Gandrange, en Moselle, ne se posait pas et qu'ArcelorMittal n'avait "reçu aucune offre" de rachat. Lundi dans la soirée, le porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat à l'Industrie et à la Consommation Luc Chatel a indiqué à i-Télé que Nicolas Sarkozy "aurait un contact" avec le PDG d'ArcelorMittal, Lakshmi Mittal, "dans les prochains jours".
Inquiétudes
Selon un élu CFDT, Arcelor Mittal doit confirmer le 4 avril son plan annoncé au mois de janvier de fermeture partielle du site de Gandrange. Celle-ci devrait aboutir à la suppression de 595 emplois, soit près d'un emploi sur deux d'ici à 2009. Les syndicats attendent donc plus de précisions, mais ne se font aucune illusion sur les chances de succès du contre-projet qu'ils ont proposé à la direction pour sauvegarder des emplois. "Nous avons reçu une convocation pour le comité d'entreprise du 4 avril mais aussi un document qui démonte point par point le projet que nous avons présenté", explique Edouard Martin, délégué CFDT au comité européen du groupe."Ils commettent un crime social. Rien ne justifie cette fermeture".
De son côté, le secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly a demandé au président de la République de tenir "sa promesse" estimant que le site et les emplois devaient être "maintenus". En visite dans l'usine début février, Nicolas Sarkozy avait assuré que "l'Etat était prêt à prendre en charge tout ou partie des investissements nécessaires" pour maintenir en activité le site.
Effets d'annonce
Lundi matin, le chef du gouvernement, François Fillon, a repris à son compte la promesse présidentielle affirmant que l'objectif du gouvernement était que "tous les emplois" soient préservés. Mais aussi "que les capacités industrielles de notre pays, en particulier dans le domaine de la sidérurgie, ne se réduisent pas".
A gauche les promesses du gouvernement n'ont pas convaincu Aurélie Filippetti. La députée PS de Moselle, a fait appel à Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois (le siège de Mittal est à Luxembourg), estimant que Nicolas Sarkozy se contente d'"effets d'annonce" et d'"une intervention a minima". Selon la députée, "la stratégie de Mittal, c'est aujourd'hui la rapine, le mercenariat : mettre les pays européens en concurrence les uns avec les autres, et mettre les usines du groupe en concurrence".
(D'après agences)
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