Un Brésilien candidat à la reprise de Gandrange

le 31 mars 2008 à 08h22 , mis à jour le 31 mars 2008 à 14h32

Le groupe sidérurgique Gerdau s'est positionné dimanche pour la reprise de l'usine d'ArcelorMitta, où 595 emplois sont menacés.

Nicolas Sarkozy rendant visite aux ouvriers d'Arcelor-Mittal, à Gandrange (4 février 2008)Nicolas Sarkozy rendant visite aux ouvriers d'Arcelor-Mittal, à Gandrange (4 février 2008) © TF1/LCI

Gandrange pourrait finalement avoir un repreneur. Le groupe sidérurgique brésilien Gerdau s'est "officiellement" porté candidat à la reprise de l'aciérie d'ArcelorMittal de Moselle, a annoncé dimanche la municipalité d'Amnéville, qui affirme avoir présenté vendredi ce repreneur potentiel à Bercy. Dans cette usine, 595 emplois, soit un sur deux, sont menacés.
 
Avec plus de 30 usines dans le monde, le groupe Gerdau réalise à l'international plus de 60% de son chiffre d'affaires (12,5 milliards de dollars en 2007). Dirigé par le Brésilien d'origine allemande Jorge Gerdau, 71 ans, il s'est imposé, en Amérique latine et en Amérique du Nord, dans les aciers longs, la spécialité de Gandrange. Il est actuellement le 14e sidérurgiste mondial avec  une production annuelle de plus de 16 millions de tonnes.

"Avec ou sans Mittal"
 
Avant cette annonce de candidature, la ministre de l'Economie Christine Lagarde avait affirmé que l'objectif principal du gouvernement pour l'avenir était de "sauvegarder les emplois". "Ensuite, si on peut sauvegarder l'activité par des investissements extérieurs, et je sais qu'il peut y avoir des partenaires privés intéressants, notre métier, c'est de les encourager, de servir de catalyse", avait-t-elle ajouté.

Le leader mondial de la sidérurgie doit confirmer son plan de fermeture partielle lors d'un comité d'entreprise le 4 avril, a affirmé samedi à Edouard Martin, élu CFDT au comité d'entreprise européen du groupe. ArcelorMittal a annoncé mi-janvier aux syndicats une restructuration prévoyant la fermeture de l'aciérie électrique et du train à billettes. En février, lors de sa visite sur le site,  Nicolas Sarkozy avait affirmé que l'Etat était prêt à investir sur le site "avec ou sans Mittal".

Fillon maintient ses engagements, le PS dénonce les "effets d'annonce"

Le Premier ministre François Fillon, interrogé lundi sur le sort de l'usine de Gandrange (Moselle), a réaffirmé l'objectif du gouvernement que "tous les emplois" soient préservés  mais aussi  "que les capacités industrielles de notre pays, en particulier dans le domaine de la sidérurgie, ne se réduisent pas", a-t-il expliqué. Le secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly a demandé au Président de la République sur France 2 de tenir "sa promesse" estimant que le site et les emplois devaient être "maintenus".

Aurélie Filippetti, députée PS de Moselle, demande l'appui de Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois contre le plan d'ArcelorMittal d'une fermeture partielle de son usine, estimant que Nicolas Sarkozy se contente d'"effets d'annonce" et d'"une intervention a minima". Selon la députée, "la stratégie de Mittal, c'est aujourd'hui la rapine, le mercenariat : mettre les pays européens en concurrence les uns avec les autres, et mettre les usines du groupe en concurrence". "Les Etats ne peuvent pas rester les otages des grandes multinationales".

 D'après agence

le 31 mars 2008 à 08:22
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