Deux cadres condamnés pour harcèlement

le 27 mars 2008 à 15h25 , mis à jour le 27 mars 2008 à 15h29

Deux cadres d'un hypermarché Carrefour ont écopé jeudi de 6 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bonneville pour harcèlement moral d'un salarié. Stéphane Tagliavacca reprochait à son supérieur de chercher à lui nuire continuellement.

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Enfin, on ne le prendra plus pour un "malade imaginaire". Le calvaire de Stéphane Tagliavacca, un employé de Carrefour a été reconnu jeudi par la justice. Deux cadres de cet hypermarché situé à Sallanches, en Haute-Savoie ont été condamnés à 6 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bonneville pour harcèlement moral à son encontre.
 
Le procureur de la République Michel Belin, qui avait qualifié le comportement des prévenus de "vicieux" et "pervers", avait requis huit mois d'emprisonnement avec sursis contre Christian Rivat, un chef de secteur de 47 ans et six mois avec sursis contre le directeur de l'hypermarché de l'époque Victor Massacrier, 56 ans.
 
"A la porte des toilettes"
 
Les deux cadres étaient poursuivis pour avoir harcelé de septembre 2001 à mai 2002 Stéphane Tagliavacca, un chef de rayon de 40 ans, qui s'était vu prescrire un arrêt de travail de plus d'un an que la Sécurité sociale a attribué à sa situation de "stress au travail" et de "harcèlement moral". Le harcèlement moral, un délit souvent difficile à établir, est puni par une peine pouvant aller jusqu'à un an d'emprisonnement.
 
"Je suis très heureux puisqu'il a été prouvé que j'ai été harcelé. J'avais confiance en la justice. Cela fait 7 ans que je me bats pour ce jugement. Et je peux annoncer que je vais maintenant porter plainte contre mon employeur pour faute inexcusable", a indiqué Stéphane Tagliavacca, à la sortie du palais de justice.
 
L'avocat du chef de secteur Christian Rivat, Me Bernard Chambel, a pour sa part indiqué que son client allait "réfléchir à un appel", ajoutant que "cette décision était surprenante car pour nous le délit n'était pas constitué". Stéphane Tagliavacca reprochait à son supérieur hiérarchique de chercher à lui nuire continuellement, le suivant partout même "à la porte des toilettes", l'espionnant sans arrêt, lui supprimant des congés et l'appelant régulièrement chez lui pour lui demander de rendre des comptes. Selon lui, le directeur de l'hypermarché, licencié en 2003, relayait ensuite les reproches du chef de secteur en le convoquant régulièrement.
 

(D'après agence)

le 27 mars 2008 à 15:25
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